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De la multiplication des procès de la dictature à la résolution, devant la Cour internationale de La Haye, du conflit de la papeterie opposant Argentine et Uruguay, 2008 sera une année riche en actualité. Petit tour d'horizon sur l'agenda culturel, économique et diplomatique
Payer plus pour voyager Depuis le premier janvier, les prix des billets de bus, de métro et de train ont augmenté de 13 à 29%. Il faudra dorénavant débourser 90 centimes de pesos pour les tickets de bus et de métro et 65 centavos pour un voyage en train. L'Etat argentin, qui subventionne largement ce secteur pour maintenir des tarifs bas, lâche du lest devant l'inflation. Et économise, au passage, 600 millions de pesos de subventions.
La résolution du conflit de la papeterie 2008 sera l’année de la résolution du conflit qui oppose, depuis deux ans, Argentine et Uruguay sur l’installation de la papeterie finlandaise Botnia. Au moins devant le Tribunal international de La Haye que l’Argentine a sollicité dans ce conflit. Mi 2008, celui-ci démarrera le procès pour juger si oui ou non le traité du Rio Uruguay, signé entre les deux pays en 1976, a été violé lorsque Montevideo a décidé d'installer, sur les rivages du Rio de La Plata, une gigantesque papeterie sans avoir consulté son voisin. La décision de l’organe judiciaire de l’Onu interviendra avant fin 2008.
L'année de la multiplication des procès de la dictature L'année 2008 pourrait voir se multiplier le nombre de procès contre les anciens acteurs de la dictature militaire. Depuis 2003 et l'annulation de la loi d'amnistie, seuls quatre procès ont eu lieu en Argentine et un cinquième annulé. Cette année, trois ont déjà été programmés : le 5 février (à Corrientes, des responsables du régime d'infanterie 9 sont accusés de quinze enlèvements et disparitions), le 19 février (un capitaine et un couple de civils accusés du rapt d'une enfant confiée à une autre famille), et le 29 avril où plusieurs membres de la police fédérale devront répondre de la fusillade de 30 personnes, appelée massacre de Fatima. D'autres procès, dont la date n'a pas encore été fixée, pourrait avoir lieu en 2008, notamment dans "l'intérieur du pays". A Buenos Aires, le tribunal fédéral (TOF 5) déborde sous le nombre d'instructions en cours.
Le paiement de la Dette de Paris On avait parlé de février puis plus rien. L’Argentine s’oppose, depuis 2001, au club de Paris dans la négociation sur le rééchelonnement de la dette de 6,3 milliards de dollars qu’elle a contractée auprès de cet organe de financement. Optimiste en début de mandat, Cristina Kirchner avait parlé d’une résolution rapide, les pourparlers se sont depuis envenimés. L’Argentine refuse de payer en une seule fois sa créance et que le FMI se mêle du dossier. Le Club de Paris défend, lui, le rôle du fonds car "on ne peut pas mener une politique économique appropriée sans avoir, au minimum, un indice d’inflation crédible", signalait, mi-décembre, Dominique Strauss Kahn. Dommage, le démarrage du chantier du TGV reliant Buenos Aires à Rosario puis à Cordoba, qui serait réalisé par Alstom, dépend de la résolution de ce dossier.
L'agenda culturel Commencer l'année avec l'exposition sur Joan Miró, visible au centre culturel Borges jusqu'au 17 mars. Poursuivre avec une grande rétrospective sur Duchamp intitulée "une oeuvre d'art peut-elle ne pas être une oeuvre d'art" proposée par la Fondation Proa puis avec le Centre Culturel Recoleta qui prévoit la présentation de la collection privée de Eugenio Arias de Buitago de la Lozoya, coiffeur et grand ami de Picasso. A partir du 22 juillet, la fondation Telefónica présentera une exposition cubiste. 2008 sera une année culturelle à la hauteur de la réputation de Buenos Aires.
Le rapprochement du Mercosur et de l’Union Européenne C’est Cristina Kirchner qui a pris les manettes, depuis fin décembre et pendant six mois, du Mercosur (marché commun du Sud). Parmi ses projets : terminer au plus vite l’intégration du Vénézuela et "développer la configuration énergétique de la zone". La France, qui prend le présidence de l’Union européenne en juillet, espère que les discussions reprendront avec le Mercosur pour négocier un accord de libre-échange entre l’UE et son partenaire d’Amérique Latine. Un accord de libre-échange a d’ailleurs été signé, fin décembre, entre le Mercosur et Israël, premier du genre.
Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 4 janvier 2008 |