|
TOURISME - Pucón, capitale du bien-être... et des charlatans |
|
|
mardi 12 février 2008 |
La sixième escale de notre série voyages nous dépose au Chili. Bouddhisme et médecine alternative se côtoient dans la petite ville de Pucón, pour le pire et le meilleur. À méditer avant d'y aller méditer !
Se faire du bien sans mal. (Photo : dr)
Au commencement était la Vallée de Elqui, dotée de la force électromagnétique la plus élevée du monde (mesurée par la Nasa). Depuis les années 60, l'endroit concentrait au Chili tout ce qui se faisait de plus alternatif en matière de mode de vie et de médecine. Il y a quelques mois, cap au Sud, Pucón (IXe région), la petite ville proprette et prospère, tout entière vouée au tourisme, a commencé à marcher sacrément sur ses plates bandes.
Il ne lui suffit plus, à six heures de Santiago, d'offrir aux touristes les rives paisibles de son lac, ou l'aventure, avec l'ascension du volcan Villarica, et le rafting en eaux vives… Désormais, on peut s'y faire doper les globules blancs ou purifier la moelle épinière par simple massage, apposition des mains ou encore séjour dans une sorte de four. Une autre forme de tourisme d'aventure, peut-être plus risquée que l'escalade…
Maylis Destremau, française et propriétaire, avec son mari, d'une agence de tourisme à Pucón entre 1998 et 2003, a vu la vague ésotérique arriver, au moment où elle a migré avec sa petite famille, près de Chillán, plus au calme : "De nombreux étrangers sont venus s'installer, les hôtels et les infrastructures se sont multipliés, la ville a connu un boom touristique énorme à partir de 2000. Et depuis trois ans, la ville n'a pas raté la mode du développement personnel et des thérapies alternatives".
Le deuxième Bouddha d'Amérique latine Si dans le cas de la vallée d'Elqui, la particularité de la zone est attestée par les scientifiques, c'est à Champsa Lama que Pucón doit cette tendance. Ce moine tibétain a, en autorisant l'édification d'un monument, le deuxième d'Amérique latine, dédié à Boudhha, cautionné malgré lui tous les charlatans venus s'engouffrer dans le créneau. La ville bénéficierait, selon un autre sage tibétain en visite l'été dernier, d'un "karma particulier avec son lac, la lave qui gît sous nos pieds et le vert intense de la fibre sylvestre". Le visiteur a de plus évoqué la ressemblance avec les monts Himalaya, à propos de l'environnement de Pucón. L'été dernier un jeune homme est mort écrasé par un camion, alors qu'il errait sur la Ruta 5 à l'issue d'un stage de méditation dans un centre spirituel de la région. Ce qui ne signifie pas que les diverses offres de reiki, yoga, pilates, massages et autres initiations aux disciplines orientales émanent toutes de dangereux escrocs. Cependant, il convient d'ouvrir l'œil et de se renseigner sur la formation des "maîtres". En un mot, faire preuve de sagesse avant de recevoir l'enseignement des sages ! Sophie ROUCHON. (LPJ - Santiago) Déjà publié le 23 mai 2006
|