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Deux ans d'agitation politique et une série de gaffes dans la gestion économique ont pesé lourd sur le développement de la Thaïlande. Et à quelques jours du scrutin censé ramener la démocratie, les milieux d’affaires nourrissent peu d’espoir de voir l’économie repartir 
Le gouvernement provisoire installé par les militaires n’a fait que renforcer la méfiance du milieu des affaires (Photo Jean-Louis Duzert)Depuis que les militaires ont congédié l'ex Premier Ministre, Thaksin Shinawatra en septembre 2006, l'indice de confiance des consommateurs est à son niveau le plus bas depuis cinq ans tandis que les investissements domestiques et la consommation sont au ralenti. D'après les analystes, le gouvernement provisoire installé par les militaires n’a fait que renforcer la méfiance du milieu des affaires, en imposant des contrôles drastiques sur les devises étrangères, largement révoqués par la suite, tout en introduisant des cadres rigides sur les investissements étrangers. Des prévisions de croissance limitée minent les milieux d'affaires Or, à l’approche des élections du 23 décembre, nombre d'hommes d'affaires craignent que le pays ne soit dirigé par un gouvernement de coalition trop faible pour imposer des politiques décisives. Les deux principaux partis en compétition pour ce scrutin, le PPP (People Power Party) composé d'alliés de Thaksin et le doyen Democrat Party, sont en effet diamétralement opposés et d'aucun n'est assuré de remporter les élections d'une large majorité. Les principaux partis, quant à eux rivalisent de promesses de dépenses dans les programmes populistes tels que la réduction des frais de scolarité, les subventions à l'agriculture ou l'augmentation du budget des infrastructures. “Je ne m'attends pas à une reprise économique significative avec le nouveau gouvernement, a déclaré à l'AFP le chef adjoint du Thailand Board of Trade, Pornsilp Patcharintanakul. Ce sera certainement une coalition qui tiendra un ou deux ans et qui ne pourra pas intervenir de façon décisionnelle.” Jean-Pierre Verbiest, directeur régional de la Banque Asiatique de Développement note qu'alors que tous les partis proposent des mesures populaires, les partenaires de la future coalition pourraient ne pas s'entendre sur la manière de mener leurs politiques conjointement. “Si nous devons faire face à une coalition instable, avec des membres du gouvernement qui vont et viennent, alors les prises de décisions en seront affectées et cela aura un impact négatif sur la croissance” estime-t-il.
La croissance économique reste cantonnée à 4.5% Les exportations comptent pour 60% du PNB de la Thaïlande et bien que cette année les exportations ont connu une forte progression, la croissance économique reste cantonnée à 4.5% seulement, ce qui est l'un des taux les plus faibles en Asie du Sud-Est. Même les think-tank thaïlandais projettaient une progression de 5% au maximum. “Avec les facteurs extérieurs défavorables et en premier lieu les prix élevés du pétrole et l'inflation mondiale, l'instabilité de la politique domestique expose l'économie thaïlandaise à des risques, a indiqué le Secrétaire Général de la Thai Banker's Association, Twatchai Yongkittikul. Nous ne savons pas jusqu'à quel point le gouvernement de coalition à venir sera capable de s'accorder sur la politique économique”. Pour le Président de l’Union des Chambres de Commerce Etrangères, Peter Van Haren, si le nouveau gouvernement arrive avec un mandat consistant et une politique claire, l’économie devrait en bénéficier aussitôt. N.S. ( - Bangkokwww.lepetitjournal.com avec AFP) jeudi 20 décembre 2007 |