| Ecrit par Arnaud Brely,
le 20-12-2007 00:00
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Leaders du championnat d’Angleterre, les Gunners* pratiquent le football le plus séduisant d'Europe. Arsène Wenger, le manager emblématique du club, et son armada de joueurs français, contribuent largement aux succès enregistrés par les Rouge et Blanc depuis dix ans 
Arsène Wenger, fidèle à Arsenal depuis dix ans (Photo AFP)Lointaine semble l’époque où Arsène Wenger débarqua du côté de Highbury, l’antre historique d’Arsenal, comme un parfait inconnu. En cette fin du mois de septembre 1996, les tabloids anglais l’accueillent par un ironique : "Arsène Who ?", faisant peu de cas de la notoriété de l’entraîneur alsacien, qui conduisit l’AS Monaco au titre de champion de France 1988. Onze ans plus tard, le consultant de luxe de TF1 les contemple du haut d’un palmarès constitué de deux doublés Coupe-Championnat (1998-2002), deux Coupes d’Angleterre (2003, 2005) et d’un titre de champion d’Angleterre 2004, acquis sans concéder la moindre défaite ! Ce tableau idyllique aurait encore plus belle allure, si le club du nord de Londres avait battu le FC Barcelone en finale de la Ligue des Champions 2006 (défaite 1-2 au Stade de France). Longtemps raillés par la presse anglaise, au début des années 90, qui avait surnommé le club “0-0, boring Arsenal”**, les Canonniers ont amorcé, sous Wenger, une révolution culturelle et économique, en intégrant les bienfaits et la perversion conjugués*** de l’arrêt Bosman, qui l’autorise à composer une équipe dans laquelle ne figure, le plus souvent, aucun joueur anglais. Et contrairement à Manchester United, Chelsea et Liverpool, adeptes des achats onéreux de stars étrangères, Wenger a privilégié une politique différente, en misant sur l’éducation précoce et le développement de jeunes joueurs. Les petites graines plantées ont fait des fruits merveilleux, et l’Espagnol Cesc Fabregas "arraché" au Barça à 16 ans, désormais l'un des meilleurs milieux de terrain au monde, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la réussite du club. Le United Colors of Arsenal se compose d’Ivoiriens, d’un Allemand, d’un Danois, d’un Tchèque, d’un Polonais, de deux Néerlandais, d’un Biélorusse, d’un Togolais… et d’un Anglais, Théo Walcott. Le zest de sept joueurs français*** apporte sa touche finale, et donne à ce cocktail un goût exquis. L’art du jeu de passes d’Arsenal, déclenché depuis l’arrière, atteint son apogée lorsque le ballon transite, en bout de chaîne, par Fabregas, Hleb et Rosicky, avant de se conclure par des réalisations de Van Persie ou de l’ancien Monégasque Adebayor. Et Wenger admet : "Je deviens alors spectateur, et je me régale du jeu produit par mes joueurs." Lassana Diarra s’interroge sur son avenir londonien Anelka, Vieira, Pirès, Garde et Grimandi, pionniers du groupe France, ont tracé un sillon indélébile dans le club. Thierry Henry, avec 226 buts inscrits de 1999 à 2007, est devenu le meilleur buteur de tous les temps des Gunners. Exilé, depuis cet été, sous les cieux de Barcelone, il côtoie désormais dans le grand livre d’histoire d’Arsenal, Ian Wright, Liam Brady, David Platt, Charly George et bien d’autres légendes du club. La nouvelle génération emmenée par Gaël Clichy, acheté pour rien à Cannes, et Mathieu Flamini pour guère plus à l’OM, a repris le flambeau. Encadrés par le capitaine Gallas, désormais bien intégré, les Frenchies s’imposent parfois plus facilement en bleu que chez les Gunners. L’ancien Havrais, Lassana Diarra, arrivé de Chelsea en août, connaît cette situation. Plus souvent utilisé par Domenech que Wenger, il pâtit de la richesse de l’effectif d’Arsenal et il ne serait pas contre un départ à six mois de l’Euro. Mais avec le calendrier anglais démentiel de Noël et du jour de l’An (4 matches en 10 jours), et les coupes dans lesquelles le leader reste engagé, Diarra aura forcément sa chance à un moment (il a brillé, mardi, lors de la victoire d’Arsenal à Blackburn 3-2, en quarts de finale de la Coupe de la Ligue), au regard de son immense potentiel. Il pourra, alors, profiter du soutien des 60.000 fans***** qui garnissent l’Emirates Stadium, depuis juillet 2006, tous les quinze jours. Son joyau ultra-moderne (sponsorisé par la compagnie aérienne pour un montant de 150 millions d’euros sur une durée de 15 ans) contribue pour moitié aux recettes d’Arsenal, club le plus riche d’Europe, après le Real Madrid. Une référence qui est tout, sauf de la poudre aux yeux… Arnaud BRELY. (www.lepetitjournal.com) jeudi 20 décembre 2007 *Les Canonniers, en référence aux fondateurs du club, issus des chantiers navals de l’armement des bords de la Tamise, à la création du club en 1886. ** “Arsenal, l’ennuyeux, adepte du 0-0”. La défense de fer se composait de Seaman dans les buts, d’une charnière de durs à cuire Adams-Keown, et de deux latéraux, guère plus romantiques, Dixon et Winterburn. ***L’Angleterre ne s’est pas qualifiée pour l’Euro, qui se disputera du 7 au 29 juin 2008 en Suisse et en Autriche. Certains ont fustigé le comportement de Wenger, traité de “fossoyeur” du foot anglais. Mais Liverpool, Chelsea, et Manchester City sont dirigés par des étrangers ou Manchester United, par un Ecossais. Et la Fédération anglaise vient d’engager un Italien, Fabio Capello, comme nouveau sélectionneur ! **** William Gallas (capitaine), Vassiriki Diaby, Bakary Sagna, Lassana Diarra, Mathieu Flamini, Gaël Clichy, Armand Traoré. ***** Lire l’excellent roman autobiographique de Nick Hornby, Carton Jaune ( titre original Fever Pitch), qui raconte sa passion pour Arsenal. Classement actuel de la Premier League après 17 journées 1. Arsenal 40 pts 2. Manchester United 39 pts 3. Chelsea 34 pts 4. Manchester City 33 pts 5. Liverpool 30 pts (-1 match)
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