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Rentrer en France ou ne pas rentrer. Telle est la question que se posent chaque année les milliers de français d’Argentine.
Rentrera ? Rentrera pas ? Chaque année, c’est le même dilemme chez les Français d’Argentine. Anne, mère de deux enfants, a tranché : « Nous avons décidé de ne plus rentrer en France pour Noël, explique-t-elle, nous en avons eu assez de passer nos vacances à courir entre Lille et Bordeaux, nos lieux d’attaches familiales ». Mais pour d’autres, pas question de refuser aux parents le plaisir d’un Noël partagé, surtout lorsque ceux-ci vieillissent, ou de ne pas rejoindre les enfants les plus grands, restés dans l’hexagone. « Décider de rentrer dépend d’un tas de choses : la date d’arrivée en Argentine, la possession d’un pied-à-terre en France pour ne pas s’imposer à droite ou à gauche, le nombre et l’âge des enfants, les conditions matérielles d’expatriation…, résume Pascale Mullender, vice-présidente de l’association d’aide à l’intégration des francophones, Buenos Aires Accueil, Je dirais qu’une moitié des expatriés retourne en France, souvent pour une courte période, et que l’autre moitié reste ici ». Parmi ceux qui restent, beaucoup de couples mixtes pour qui la réception chez la belle-famille est généralement la règle, même si des conjoints français négocient un « Nouvel An » amical plutôt que familial, comme il est de coutume en Argentine. Un aménagement qu’a réussi à emporter Séverine. Et ce n’est pas le seul : « Cette année, c’est moi qui décide du menu de Noël, raconte la jeune Française, ce sera donc un beau "lechon" ». Et pour Nouvel An: « Nous serons à la mer avec des amis, nous lancerons les feux d'artifices à minuit avec, sous la robe, la petite culotte rose, il paraît que ça porte bonheur pour l'année qui arrive...».
Ne pas rentrer: un soulagement D’autres Français savent ménager le chèvre et le chou. Ils sont en France pour la dinde et les cadeaux mais de retour à Buenos Aires pour fêter le changement d’année sous le soleil. C’est la course : «nous n’avons qu’une semaine de vacances, mais c’est le premier Noël de notre bébé de dix mois, il est donc important de le partager avec toute la famille, explique Magali. L’Argentine à Noël offre des avantages, selon Sylvie, installée à Buenos Aires depuis quelques mois, qui se réjouit des 11 000 km qui séparent la France de l’Argentine : « La course aux cadeaux, l’enfer des magasins en décembre, le casse-tête logistique pour satisfaire tout le monde – pas simple dans une famille recomposée –, les gueuletons à la queue leu leu, c’est fini ! Quel soulagement ! ». Reste à profiter des plaisirs estivaux et les voyages offerts par l’hémisphère Sud à cette époque de l’année. Louer une estancia dans la campagne proche de la capitale, aller sur la côte, en Patagonie ou au Brésil, font partie des programmes de prédilection de « ceux qui restent ». Ce d’autant plus facilement, avoue Richard, qui passe cette année son « premier Noël loin de chez lui », que « avec le Soleil et la chaleur, je ne réalise pas du tout qu’on est en période de fêtes ». Mais qui n’oubliera quand même pas de « marquer le coup sur le plan gastronomique », caractère national oblige…
Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le jeudi 20 décembre 2007
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