| Ecrit par LE CAIRE,
le 18-12-2007 00:00
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Le gouvernement a lancé un énième plan de développement de la Haute-Egypte. Mais de nombreux obstacles freinent sa réalisation Industrie, Infrastructures, la Haute Egypte manque de tout (Photo Mohamed Abdou)
Depuis les années 50, les projets pour le développement du sud de l'Egypte (La Nouvelle Vallée, Tockha...) se succèdent. Or, aucun succès tangible n'a été réalisé. Début 2007, avec la priorité annoncé du gouvernement de s'intéresser aux régions très sous-developpées, un nouveau plan a été mis en place. Son concept est d’attirer des investissements privés vers le secteur agroalimentaire, afin de relancer l’activité économique. Ambitieux, le projet prévoit l’établissement de 150 grandes usines, pour un coût d’investissement d’au moins 15 millions de LE chacune, avec la création de 60.000 emplois directs et 150.000 indirects. Pour cela le gouvernement a décidé d’accorder 15.000 LE pour chaque emploi créé. Les sommes seront soustraites de leurs dépenses (électricité, eau... ). Le deuxième volet de ce plan consiste à améliorer ou créer des zones industrielles. Quant au troisième axe, il s’agit de développer et d’étendre l’infrastructure et les services de transport. Le Fayoum et Béni-Souef, à cause de leur proximité avec Le Caire, ne profiteront que de la moitié de ces subventions.
Un système global Amr Assal, président de l’Organisme du développement industriel, défend ce plan : "Auparavant, le gouvernement se basait sur l’octroi de terrains gratuits. La stratégie actuelle vise tous les aspects : infrastructures, privilèges sociaux et économiques". Pour Gouda Abdel-Khaleq, "le partenariat entre le public et le privé est indispensable. Mais l’État ne doit pas laisser le champ libre au privé : ce dernier ne cherche que son propre intérêt. Par ailleurs, les investisseurs ne viendront pas sans la présence d'infrastructures nécessaires". Et Chérine Al-Chawarbi, expert en économie à la Banque mondiale, de déplorer : "La Haute-Egypte est comme un grand corps malade. Il est vrai que le gouvernement lui accorde des privilèges mais toujours inférieurs à ses besoins". En effet, selon le budget 2007-2008, les ressources allouées à tous les gouvernorats du Saïd, soit 200 millions de LE, sont inférieures à celui du Caire. Gouda Abdel-Khaleq note qu'elle ne représente que le dixième de la somme consacrée au soutien des exportations dans le budget. Les investisseurs ne sont pas moins critiques. "Je préfère bénéficier d’une exemption d’impôts au lieu d'une prime pour chaque employé. Si j’embauche 40 ouvriers au cours de la première année d’activité, la deuxième, ils ne seront que 4 ou 5. L’exemption d’impôts, elle, dure 10 ans", explique Abdel-Hadi de la société T3A. Un autre investisseur explique que ce nouveau projet a négligé les petites et moyennes entreprises aux dépens des grands groupes. Le plan n’accorde en effet des privilèges qu’aux projets dont le capital dépasse 15 millions de LE. Névine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 18 décembre 2007
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