| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 22-09-2005 22:00
|
|
Une conférence intergouvernementale reconnaît pour la première fois la nécessité de protéger nos cousins. Gorilles, chimpanzés, bonobos ou orangs-outans sont de moins en moins nombreux sur la planète
La sauvegarde des grands primates devient l’affaire de tous. (Photo : Dominique Marques)
C’est bien simple, si rien n'est fait rapidement pour les protéger, les grands singes auront disparu dans 50 ans. Ils se comptaient pourtant par millions au 19e siècle mais selon l’éditorial de la revue Science, il reste à l’heure actuelle environ 100.000 gorilles et autant de chimpanzés, 10.000 bonobos, et 30.000 orangs-outans en liberté. Les autres ont été décimés par le braconnage intensif lié au commerce de viande de brousse, le trafic d'animaux vivants, l'exploitation forestière, les maladies comme la fièvre d’Ebola, ou les conflits armés. Aussi, pour la première fois, la question du primate a fait l’objet pendant cinq jours début septembre d’une conférence intergouvernementale à Kinshasa (République Démocratique du Congo). Le projet des Nations Unies pour la survie des grands singes (GRASP) est ainsi parvenu à faire reconnaître à un niveau international et gouvernemental l’importance de la sauvegarde des grands primates. De fait, une vingtaine de pays ont signé une déclaration commune qui veut par exemple garantir la survie à l’état sauvage de toutes les espèces et sous-espèces de grands singes d’ici 2015, afin d’enrayer le déclin de nos cousins primates via des plans nationaux de protection. Impact économique Il se trouve en effet que la plus grosse partie des grands singes vit dans les forêts denses et humides de 23 pays d’Afrique ou d’Asie qui font partie des plus pauvres de la planète. Il n’était donc pas question de traiter des seules données environnementales mais plutôt de montrer l’intérêt financier qu’une telle richesse naturelle peut apporter. Puisque les pays hôtes ne peuvent pas assumer seuls le coût de la préservation des espèces, les pays riches mettent la main à la poche. L’Union Européenne, par exemple, s’est engagée sur un budget de 2,4 millions d’euros. De plus pour améliorer les conditions socio-économiques des communautés locales, la déclaration encourage "l'introduction ou l'expansion d'entreprises d'écotourisme durables soigneusement réglementées dans les zones d'habitat des grands singes". L’avenir des grands primates pourrait ainsi améliorer celui des sociétés pauvres… Madeleine GARDE. (LPJ) 23 septembre 2005
En savoir plus
Le site des grands singes
Le site du GRASP, le projet de l’ONU Le Monde, Les grands singes souffrent, qu'ils soient libres ou captifs Cité des Sciences, Les grands singes vont-ils disparaître ? Le Nouvel Observateur, Le génome du chimpanzé au grand jour
|