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Page 1 sur 2 La cyber-dissidence continue de faire des vagues en Egypte. YouTube et Yahoo ont récemment fermé puis restauré les données de Wael Abbas, blogger de 33 ans. Récompensé par la Fondation Internationale de Journalisme, l'une des vidéos diffusée sur son site avait contribué à la condamnation d'un policier pour actes de torture 
Une des vidéos de torture qui avait été postée sur le site de Wael Abbas
LPJ - YouTube a supprimé votre compte, puis a annoncé sa remise en service. Vous avez déclaré qu'il s'agissait d'une fausse information. Que s'est-t-il passé ? Wael Abbas : Dans un premier temps, ils ont annoncé la remise en service du compte, en le restaurant sans les 181 vidéos qu'il contenait. En ce sens, il s'agissait d'une fausse information. Après quelques jours, 177 vidéos ont été remises en ligne, avec tous les commentaires et statistiques. Les sujets des vidéos étaient variés : manifestations, élections, procès, émissions de TV auxquelles j'avais participé. Seules une douzaine traitaient de torture, certaines en ligne depuis deux ans. YouTube est très populaire, donc tout le monde pouvait les voir. Je les envoyais sur mon blog, ou à des agences de presse. En les supprimant, YouTube coupait tous ces liens. Il leur arrive de retirer une vidéo, suite à des plaintes, mais ils préviennent. Dans mon cas, ils ont agi soudainement, sans mise en garde. Etes-vous entré en contact avec YouTube ? J'ai envoyé un e-mail, resté sans réponse. Sous la pression médiatique, ils ont fini par restaurer mon compte. Dans le communiqué de presse, on me reproche de ne pas avoir donné un "contexte suffisant". C'est faux : que dire, sinon "voici des violences policières" ? C'était très clair, et chacun était averti avant visionnage. YouTube connaissait donc le contenu de ces vidéos. Y a-t-il eu pressions du gouvernement égyptien ? Il y a sûrement un lien avec le régime égyptien. J'ai d'abord pensé à une intervention directe comme ce qui s'est passé avec Google en Chine, car j'avais entendu que Google investissait en Egypte. Cela coïncidait avec le blocage de mon adresse Yahoo, l'arrestation de policiers début novembre grâce à mes vidéos (cf Le Petit Journal, 7 novembre 2007, ndrl), et le prix que j'ai reçu de la Fondation Internationale des Journalistes, le tout en deux semaines. Mais j'ai une explication plus rationnelle : pour me paralyser, le gouvernement égyptien enverrait massivement des plaintes à Yahoo et Google. Cela dit, tout est possible, je ne peux rien affirmer, surtout avec le silence de Google. C'est la quatrième fois qu'on me ferme un compte.
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