|
ENVIRONNEMENT - Un tri difficile |
|
| Ecrit par BUCAREST,
le 13-12-2007 00:00
|
|
Le gouvernement en a fait une priorité depuis 2005. Et pourtant, les points de tri des déchets ménagers sont peu nombreux à Bucarest. Ce qui n’a pas l’air de déranger beaucoup de Roumains. Selon une étude récente, le problème du tri des déchets est inconnu par la majorité d’entre eux
Un point de tri sélectif dans le secteur 3 (photo : J.M.).
Vouloir faire un geste écologique en triant ses déchets relève du parcours du combattant à Bucarest. Mis à part le ramassage des vieux appareils électroniques pour lesquels le ministère de l’Environnement a organisé le 3 novembre dernier une campagne nationale - près de 70 tonnes ont été récupérées à Bucarest -, il existe peu d’informations et de points spécifiques pour ne pas tout jeter dans la même poubelle. Dans la capitale, on ne trouve des containers de tri (papier, plastique, verre) que dans les secteurs 3 et 6 où a été mis en place un programme de collecte sélective. Dans les autres secteurs, les habitants peuvent apporter leurs déchets recyclables dans l’une des 130 petites sociétés habilitées par la municipalité à les récupérer. Pas toujours facile à trouver. De plus, seule une partie d’entre elles ont les moyens techniques de recycler tous les matériaux. Lorita Constantinescu fait partie de l’organisation Eco-rom Ambalaje qui est à l’origine du programme de tri dans le secteur 6. Pour elle, "c’est la responsabilité des autorités locales. Nous avons discuté avec tous les secteurs, mais bien souvent ils refusent ces programmes de tri parce que ça leur demande du travail et de l’argent en plus. D’après notre expérience pourtant, la population apprécie ces initiatives".
A qui la faute ? Pressé par les normes européennes, le gouvernement souhaite cependant s’impliquer davantage. En 2004, un plan national de gestion des déchets prévoyant des objectifs quantitatifs avait déjà été lancé. Par ailleurs, la démarche du tri sélectif est inscrite dans la loi comme une obligation pour "les institutions publiques, les associations, les fondations et les personnes". "Pour le moment, ces programmes de tri sont difficiles à mettre en place parce que la population n’est pas suffisamment consciente du problème" explique la mairie de Bucarest, qui ajoute qu’en 2008, elle "essaiera" de développer une collecte sélective des matériaux papier et carton pour l’ensemble de la capitale. En octobre dernier, le ministre de l’Environnement, Attila Korodi, lançait une campagne d’information sur le tri des déchets suite aux résultats d’une étude de l’institut de sondage IMAS. "Très peu de Roumains considèrent qu’il est nécessaire de faire des efforts seulement pour avoir un environnement propre", déclarait-il. L’étude a effectivement révélé que les citoyens attendent un système de récompense et de sanction pour les motiver à trier. Le seul centre de tri qui existe aujourd’hui à Bucarest ne possède de toute façon pas la capacité de recycler les déchets de la ville entière. Jonas MERCIER. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 13 décembre 2007
|