| Ecrit par LE CAIRE,
le 11-12-2007 23:00
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Mona est passionnée de football. Elle aimerait en faire une carrière mais dans un pays où ce sport s'accorde encore mal au féminin, les obstacles subsistent .jpg)
Tirs cadrés, passes précises, contrôles, petits ponts, dribles… Mona a un jeu de jambes comme on n’en voit peu souvent ! Mais qu’on ne s’y trompe pas, Mona est une fille. Son voile n'est pas le seul à le prouver. Réservée, voire même timide, la forte sensibilité de la jeune femme se lit dans ses yeux. Mais lorsqu’elle est sur le terrain c'est une Mona battante, débordant d’énergie et d’enthousiasme que l’on aperçoit des tribunes. Certains n’hésitent pas à dire qu’elle joue comme un homme ! Mais pour cette footballeuse de 23 ans, la comparaison n’a pas lieu d’être : "Je n’aime pas que l’on me compare aux hommes, je joue comme une fille, une passionnée de football, tout simplement". Lorsqu’elle touche le ballon pour la première fois, Mona n’a alors que 9 ans. Et c’est dans sa ferme natale, que la jeune fille a sa "révélation": le football fera partie de sa vie. Depuis, Mona ne passe pas un jour sans taper dans le ballon. Mona a eu du mal à faire accepter sa passion (photo Melinda Mrini-LPJ)
Partager sa passion Issue d’une famille de sept enfants (quatre sœurs et deux frères), la sportive a su faire partager sa passion : "Mes parents m’ont toujours soutenu et pourtant je viens d’une famille très traditionnelle. Pour beaucoup, c’est difficile à croire quand on sait que le football féminin n’est pas toujours bien vu !" Le plus difficile, pour elle, a été le regard des autres : "Au début, on se moquait de moi, on m'a traité de garçon manqué, c’était très dur mais aujourd’hui ils comprennent mieux". Alors qu’elle jouait au club de Gezira, son tout premier club, son entraîneur Ahmed Talaat voyait déjà en elle une grande joueuse : "Elle m’a toujours étonné par son talent. Mona est très spéciale, son jeu est plein d’intelligence. J’ai très vite compris en la voyant que les femmes avaient vraiment leur place dans le football." Aujourd’hui, Mona entraîne le club de Gezira tout en évoluant au club de Al Tayran, dans le Nouveau Caire : "Cela me prend tout mon temps, je m’y consacre à 100%. Le soir, je rentre à la ferme très fatiguée mais avec des rêves plein la tête… " "Le mariage serait la seule chose qui pourrait me faire abandonner" Mona, comme beaucoup de jeunes joueuses en Egypte, souhaite devenir une footballeuse professionnelle et jouer dans les plus grandes capitales du monde et cela malgré son problème au genou. Cette passionnée garde, toutefois, à l’esprit qu’elle devra certainement tout arrêter un jour où l’autre : "Le mariage serait vraiment la seule chose qui pourrait me faire abandonner. Il est très rare de tomber sur un homme qui accepte que sa femme joue au foot. J’ai déjà 23 ans, il va bientôt falloir que je me marie. Je sais, hélas, que le foot sera un obstacle amis j’essaie de ne pas trop y penser… " Pour, Samir, jeune footballeur, "le football est une affaire d’homme. Je comprendrais que ma femme n’approuve pas que je fasse de la danse classique et bien c’est pareil pour moi… Le foot c’est vraiment pas pour les filles !" On compte déjà 30 millions de joueuses à travers le monde. Mais que se soit en Egypte ou ailleurs, les mythes et les clichés autour des femmes qui jouent au football sont nombreux et ne leur laissent parfois aucune chance de faire ce qu’elles aiment le plus : jouer au ballon ! Mélinda MRINI. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mercredi 12 décembre 2007
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