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Sous le mandat de Néstor Kirchner, l’Argentine s’est rétablie. Son épouse, Cristina Fernández, qui est, depuis hier, devenue officiellement la présidente du pays, devra transformer la forte croissance en un véritable développement économique
 Cristina Kirchner lors de son élection, le 28 octobre (Photo AFP)"Changer sans changement". C’est avec cette formulation ambiguë que Cristina Fernández de Kirchner a rassemblé, le 28 octobre, plus de 45% des suffrages et décrochait, au premier tour, la victoire de l’élection présidentielle argentine. Près de 160 représentants internationaux (dont François Fillon) ont assisté hier à sa cérémonie d’investiture qui avait l’originalité d’installer non seulement une femme mais aussi l’épouse de l’actuel président, Néstor Kirchner.
Une entreprise politique Cristina et Néstor sont mariés depuis 1975. Tous deux militants aux jeunesses péronistes, ils se sont consacrés à leur cabinet d’avocats depuis Santa Cruz le temps de la dictature et sont ensuite revenus à la politique. Ambitieuse (même si elle a avoué n’avoir jamais pensé briguer la présidentielle), militante et d’un caractère affirmé, Cristina a toujours mené sa propre carrière politique. Même si elle n’avait, contrairement à son mari, jamais assumé de poste exécutif. Dans les médias argentins, la question de l’existence d’un leadership dans le couple reste sans véritable réponse. Une chose est sûre : le mot d’ordre de l’entreprise politique et maritale formée par les Kirchner est, sans conteste, la solidarité, tant les deux associés semblent sur la même longueur d’ondes. Jamais Néstor et Cristina n’ont publiquement laissé transparaître un conflit. "Pour moi, Kirchner continuera d’être aussi président" a déclaré Cristina, samedi, à la fin d’un discours prononcé lors de l’investiture du gouverneur de la province de Chubut. Néstor Kirchner a officiellement prévu de s’atteler à la reconstruction du vieux parti péroniste au signifiant plus démagogique que politique.
Deux rendez-vous décisifs Avec un gouvernement qui s’est beaucoup inspiré de celui de son mari, Cristina Kirchner a fait part de ses intentions de maintenir la croissance économique argentine à un rythme "chinois", tout en continuant de générer un excédent budgétaire et de maintenir un haut niveau de réserves financières. Mais il lui faut dorénavant transformer la croissance économique en une véritable stratégie de développement. Pour cela, elle doit éviter les risque d’inflation (estimée entre 8 et 10% par la gouvernement, 16% par des économistes indépendants), parer la crise énergétique et attirer de nouveau l’investissement extérieur qui, pour l’instant, se dirige plus spontanément vers le Brésil ou le Chili. Deux rendez-vous seront décisifs pour la nouvelle présidente : le Pacte social, qui réunira gouvernement, patrons et des syndicats qui réclament jusqu’à 30% d’augmentation de salaires, et le règlement de la dette de Paris qui s’envisage avec "optimisme", selon les termes de Dominique Strauss Kahn, déjà en rendez-vous aujourd’hui avec la nouvelle présidente.
D’autres défis intérieurs Maisla nouvelle présidente devra relever deux autres défis pour contenter les Argentins : résoudre les problèmes d’insécurité et améliorer le système éducatif. Loin devant l’inflation (seuls 9,8% des Argentins l’estiment être un problème majeur), l’insécurité est avec, 61,2%, la grande préoccupation nationale. Ainsi, au sein de la ville de Buenos Aires, plus d’un tiers des foyers se dit avoir été victime d’une agression. Cristina Kirchner, qui n’a que très peu abordé ce sujet pendant sa campagne, devra enfin apporter des réponses. L’autre grande préoccupation du pays est l’éducation. Aujourd’hui, la moitié des élèves ne termine pas le lycée et huit sur dix ne finissent pas leurs études universitaires. Le développement durable passera aussi par une réforme du système éducatif. Cristina Fernandez de Kirchner a quatre ans pour confirmer le solide retour de l’Argentine sur la scène mondiale. Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mardi 11 décembre 2007
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