| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 09-12-2007 23:00
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Malgré de nombreuses critiques, Nicolas Sarkozy reçoit à partir d’aujourd’hui le très controversé leader libyen Mouammar Kadhafi. Pendant cinq jours de visite en France, il devrait davantage être question de contrats juteux que de respect des droits de l’Homme et de lutte contre le terrorisme La libération des infirmières bulgares semble avoir créé des liens entre Sarkozy et Kadhafi (photo AFP)
Mouammar Kadhafi plante cet après-midi sa tente à Paris. Littéralement. "Conformément à la tradition du désert", le Guide de la révolution libyenne séjournera et recevra ses invités - dont Nicolas Sarkozy - dans un grand chapiteau installé dans les jardins de l’hôtel Marigny. Mais plus que la forme, c’est le fond de cette visite qui dérange. "Indigne", "inacceptable", "choquant", sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des nombreux opposants à cette invitation, de Ségolène Royal à François Bayrou, en passant pas Bernard-Henri Lévy. "On n’invite pas en visite d’Etat un grand terroriste et un preneur d’otages international comme Kadhafi", s’est offusqué vendredi le philosophe. Kadhafi est notamment tenu pour responsable de plusieurs attentats dans les années 80, dont celui de l’avion français UTA qui avait fait 170 morts. De son côté, le président français se déclare "très heureux de le recevoir" et se demande : "Si nous n'accueillons pas des pays qui prennent le chemin de la respectabilité, que devons nous dire à ceux qui prennent le chemin inverse ?" L’homme qui valait trois milliards Kadhafi et la Libye seraient donc sur le "chemin de la responsabilité". Cela n’empêche pas celui qui règne sans partage sur son pays depuis 1970 de tenir un discours ambigu, comme il l’a fait vendredi en marge du sommet UE-Afrique de Lisbonne. "Les superpuissances ont violé la légitimité internationale, le droit international et les Nations unies, et ont exécuté leurs décisions en dehors de ce cadre et donc il est normal que les faibles aient recours au terrorisme", a-t-il déclaré, dans une allusion à peine voilée aux évènements d’Irak et de Palestine. A son crédit, il faut cependant souligner que le colonel a accepté en juillet dernier la libération des infirmières bulgares… Mais après huit ans d’emprisonnement et de torture et, surtout, en échange d’accords commerciaux. "Nous allons acheter pour plus de 3 milliards d'euros d'Airbus, un réacteur nucléaire, de nombreux équipements militaires, et nous négocions sur les Rafale", confirme le fils de Khadafi. L’argent est décidément le nerf de la guerre ou, en l’occurrence, des relations diplomatiques. Joris SABI. (www.lepetijournal.com) lundi 10 décembre 2007 En savoir plus Le Nouvel Obs - Le groupe PS veut l'annulation de la réception de Kadhafi à l'Assemblée Le Monde - Une tente pour le colonel Kadhafi à Paris JDD - Kadhafi, controversé et lucratif
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