| Ecrit par monterrey,
le 06-12-2007 23:00
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Chaque premier vendredi du mois, le petit journal sélectionne un restaurant. Cuisine française, mexicaine, fusion, une ambiance, un lieu ou un chef, les styles et les raisons changent. Ce mois-ci, Le Piaf, restaurant de L’Hôtel La Casona, dans la Roma.
"Hôtel Boutique" : concept vague, censé évoquer un établissement de qualité au service personnalisé. Un élément d’explication peut vous être donné à la Casona, à l’angle de Durango et Cozumel, dans la Roma Norte. Au bout d’une entrée discrète, dans un joli bâtiment rose, se dresse le Piaf, restaurant d’une dizaine de tables, et son hôtel. Un joli patio avec fontaine attend les gastronomes qui aiment le calme, en plein cœur d’un quartier pourtant très animé. Les chambres, à 2000 pesos, offrent toutes un charme différent. Jacuzzi pour certaines, petit salon pour d’autres, écran plat partout, grands lits ou chambre familiale, couleurs vives au mur, pour tous les goûts mais toujours avec goût. Le restaurant est à l’image de l’hôtel, mais les prix y sont bien plus raisonnables. La carte, d’inspiration largement méditerranéenne, sera "mexicanisée" dès la rentrée de janvier. Mais quelques incontournables survivront au changement. Parmi les entrées, entre 50 et 100 pesos, le tartare de saumon, légèrement piquant, est une véritable originalité. Les escargots de bourgogne sont à la hauteur. Les viandes et poissons, entre 100 et 200 pesos, permettent de goûter un steak tartare qui n’a pas grand-chose à envier aux grandes brasseries parisiennes. On ne cherche pas à copier, on adapte plutôt le goût au Mexique. Et c’est réussi. Voilà un endroit où le concept qu’il est convenu d’appeler cuisine "fusion", loin de se prendre trop au sérieux, s’applique à la lettre.
On ne vient pas à La Casona, on y revient.
Tout est fait pour que l’on se sente chez soi. Le personnel, fidèle à l’hôtel (ouvert en 1994) et au restaurant (en 2004 il s’ouvre aux non clients de l’hôtel) est là pour conseiller, et reconnaître les habitués. Qui le deviennent dés leur deuxième nuit ici. On vient demander "sa" chambre, et manger "son" filet aux fines herbes, après une brève discussion avec le chef sur l’arrivage du jour. Petit à petit, attablé devant un excellent vin espagnol, on comprend l’idée d’Hôtel Boutique, en observant comment la vie fonctionne ici. Doubles vitrages qui isolent de la rue, fond musical extrêmement léger, mais au besoin on trouve un grand nombre de services importants : salles de réunion, petit gymnase et terrasse silencieuse sur le toit, ordinateurs récents et Internet à libre disposition. On est un peu dans l’antithèse du fameux Condesa DF (où la cuisine est excellente, néanmoins), à peine à 300 mètres de là : calme et tranquillité sont les maîtres mots, et la proximité des bars les plus branchés de Mexico n’affecte en rien la sensation de cocon que le personnel contribuer à aménager. Pourquoi avoir transformé la cafétéria de l’hôtel en véritable restaurant gastronomique, le Piaf ? Pour le chef, le nom est mal choisi, car la cuisine est mexicaine et c’est ce que les gens (ou entreprises) de goût viennent y chercher : plutôt que le Sheraton et le restaurant impersonnel, on vient ici pour une petite maison coloniale et sa table d’hôte, en plein coeur de Mexico. Pour les propriétaires, Mexicains d’origine suisse, l’amour de la famille pour Edith Piaf suffit à légitimer ce nom, reconnu mais discret. Un peu à l’image du lieu. David Robert (www.lepetitjournal.com – Mexico) vendredi 7 décembre 2007
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