| Ecrit par CASABLANCA,
le 06-12-2007 23:03
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Le président national de l'association "ADFE-Français du Monde", François Nicoullaud, a animé trois conférences cette semaine sur "la menace nucléaire, histoire et actualité", à l'institut français de Rabat, de Casablanca et à l'espace Balzac de Kénitra. Pour l'ancien ambassadeur de France en Iran, la diplomatie a fait ses preuves contre la prolifération de l'arme nucléaire. Pourvu que ça dure...
Jacques Maury, président de "Français du Monde Maroc-ADFE" (à gauche) et François Nicoullaud (photo LPJ Casablanca).
L'ancien diplomate qui fut notamment ambassadeur en Hongrie et en Iran (de 2001 à juillet 2005) a dressé un état des lieux des puissances militaires nucléaires dans le monde, avec un regard plutôt rassurant, malgré tout. Pour François Nicoullaud, la terreur qu'inspire la menace nucléaire a suffit à maintenir la paix durant les 40 dernières années. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), organisation liée au Conseil de sécurité des Nations unies veille au grain (de folie...), en faisant la police chez les pays aux ambitions nucléaires désignés comme une menace à l'équilibre de certaines régions de la planète, voire au delà. Pour tous les Etats qui se sentent menacés, posséder l'arme nucléaire est considéré comme un facteur de sécurité, mais aussi "de prestige", motivé parfois par "une idéologie". Ce qui qui est le cas en Corée du Nord, "que personne ne menace" souligne François Nicoullaud. Ce pays est aujourd'hui revenu dans le concert des nations dites respectables, depuis le démantèlement annoncé de son arsenal nucléaire. En Libye , le président Kadafi a lui aussi fait des tentatives. Mais acheter une centrale nucléaire "en kit" chez Abdul Qadeer Khan, célèbre scientifique nucléaire pakistanais, et maîtriser sa technologie à des fins militaires, est une autre affaire. C'est d'ailleurs le même Khan, ex-ingénieur d'une usine d'enrichissement d'uranium aux Pays-Bas devenu espion, qui a diffusé les plans des centrifugeuses pour enrichir le plutonium, pour son propre pays, mais aussi en Corée du Nord.
Frapper l'Iran ? Saddam Hussein en Irak a été approché en son temps, comme l'Iran de Mahmoud Ahmadineja, aujourd'hui au coeur d'un sérieux bras de fer avec l'Amérique de W. Bush. La découverte en 2002 d'une usine de centrifugation iranienne utilisée à des fins civiles, "cacherait des intentions militaires selon les Etats-Unis et l'Union européenne" a indiqué François Nicoullaud. Y a t-il une menace nucléaire avec l'Iran alors ? Pour l'ancien ambassadeur de France à Téhéran, "c'est plutôt l'Iran qui se sent menacé... Ce pays n'a jamais agressé personne. Mais si l'Iran devait se doter de l'arme nucléaire, cela déclencherait une réaction en chaîne. Des pays comme L'Egypte, l'Arabie Saoudite, et la Turquie chercheraient à posséder l'arme nucléaire". W. Bush va t-il frapper l'Iran avant la fin de son mandat au printemps ? "Ce serait une mauvaise solution qui provoquerait d'autres désordres dans la région. Mais certains experts affirment que l'Iran aura la bombe dans quatre ou cinq ans. On a encore du temps pour négocier...". Quant à la question d'Israël, pays qui n'a jamais procédé à des essais nucléaires, il ne fait aucun doute "qu'il possède un arsenal nucléaire dont il n'est pas prêt à démanteler". L'Egypte comme le Maghreb a signé le traité de non prolifération nucléaire. L'Algérie possède deux réacteurs nucléaires pour extraire le plutonium à des fins énergétiques. "Si l'Algérie veut mettre en place un réacteur plutonigène, on les verra arriver de loin, grâce à la surveillance de la AIEA" poursuit François Nicoullaud.
"Se préparer au pire"... "Dans les années 1960, on prédisait pour l'an 2000 une centaine de puissances dotées de la bombe atomique" a rappelé le conférencier. Il n'y en a aujourd'hui que neuf, les USA, la France, l'Inde, le Pakistan, le Royaume Uni, Israël, l'Afrique du Sud, la Chine et la Russie. "Grâce à la diplomatie, nous avons obtenu des résultats en faveur de la non prolifération des armes nucléaires" se réjouit le diplomate. En dépit "de quelques dérapages incontrôlés de la technique diplomatique", comme celui de Bernard Kouchner à propos d'un Iran nucléaire, appelant à "se préparer au pire", à la guerre... "Je suis convaincu que Kouchner ne veut pas la guerre à l'Iran" rassure François Nicoullaud, ancien conseiller du cabinet de Pierre Joxe, ex-ministre de la Défense de François Mitterrand. Mais en quoi l'Occident a t-il le droit d'imposer à certains pays de rester dans "un sous-développement nucléaire" ? C'est aussi une bonne question dans le fond. Didier BOUVILLE. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) vendredi 7 décembre 2007
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