|
Photographe, Julien a débarqué il y a six ans à Madrid pour découvrir une grande ville. Un peu désorienté au début, cet originaire d’Avignon a suivi sa boussole jusqu’au quartier de Lavapiés où il a puisé l‘inspiration pour Mundolavapiés, un livre-dvd participatif Julien dans son laboratoire à la Casa Encendida (photo LPJ)
LPJ : Quand et pourquoi as-tu atterri à Madrid ? Julien : Je suis arrivé à Madrid en 2001. C’était à la base pour une Madrilène mais j’avais aussi envie de découvrir une grande capitale, qui ne soit pas Paris.
Premières impressions? Madrid, il y a six ans, c’était vraiment différent. En fait, quand je suis arrivé, je dois avouer que je n’ai pas trop aimé, je n’ai pas accroché sur l’aspect visuel. Pour découvrir un peu la ville, je montais dans des bus, sans savoir où j’allais. Il y a même un jour où je me suis complètement perdu. Madrid c’est grand et au début, tu n’as pas tes repères.
À Madrid, tu aimes quoi ? J’aime mon quartier, Lavapiés. C’est particulier, c’est un village dans la capitale.
Ce à quoi tu ne t’habitueras jamais ? Au fait que tout le monde arrive en retard et au Parti Populaire Pour toi qu'est-ce que représente Madrid? C’est la capitale de la spéculation immobilière. À Madrid, c’est fou comme les prix de l’immobilier sont élevés ! Je crois qu’en Europe c’est la ville la plus chère pour se loger comparativement avec le pouvoir d’achat.
Quels sont tes bons plans à Madrid ? Boire une bière sur le toit de la Casa Granada, aller manger des zapatillas au Melo’s sur la calle Ave Maria.
Parle-nous plus précisément de Lavapiés et du projet que tu as réalisé sur ce quartier, Mundolavapiés. Tout a commencé par mon envie de faire un portrait de mon quartier. Avant, je voyais plus de petits magasins, les gens sortaient les tables des cafés et jouaient aux cartes sur la place… J’avais l’image d’un petit village. Et petit à petit, j’ai vu ces petits magasins fermer et les gens ne jouaient plus sur la place. Alors, j’ai voulu faire un portrait de Lavapiés, pour ne pas oublier. Ça a commencé par un livre de photos d’auteur puis ça a évolué vers un livre-dvd où participent tous les acteurs du quartier. C’était la seule façon de faire un portrait objectif. Les habitants qui viennent d’arriver ou ceux présents depuis 50 ans, les collectifs, les associations, tous ont participé avec des textes, des vidéos ou des photos.
Que penses-tu du panorama artistique de Madrid? Le problème à Madrid, c’est que la culture est monopolisée par le Ministère et par les grands groupes. Ça ne laisse pas vraiment de place aux initiatives personnelles. Prenons l’exemple du centre Matadero. C’est un immense lieu culturel qui, certes est de qualité, mais c’est du grandiose et ça n’amène pas vraiment de vie au quartier. Il faudrait plus de petits centres culturels, qui auraient davantage d’autonomie.
Quels sont tes projets ? Mon nouveau projet s’appelle "Juego 58". C’est un livre-fiction participatif et interactif. En fait, c’est un jeu, qui se passe encore une fois à Lavapiés. Dans le livre, on découvrira qu’il y a eu 58 assassinats dans le quartier, dans des bars, dans la rue ou chez les gens. Et à l’aide de photos, de textes et d’énigmes, chacun va devoir essayer de découvrir l’assassin. Les commerçants et les habitants participent au projet donc, et justement le but est de créer une vie de quartier, dans la continuité de Mundolavapiés. Le premier projet était plutôt social, celui-ci plus ludique, on verra bien pour le troisième…
Propos recueillis par Tony MOTA. (www.lepetitjournal.com - Madrid) mardi 11 décembre 2007 - Les bons plans de Julien : La Casa Granada : C/ Doctor Cortezo Nº17 6ªPlanta. M° Tirso de Molina Café Melo's C/Ave María 44, M° Lavapiés - Mundolavapiés http://www.mundolavapies.net/ http://noez.org/articulo.php?id=14 (en espagnol) - Juego 58 : http://www.mundolavapies.net/ |