| Ecrit par Sara Fredaigue,
le 24-03-2008 23:00
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L’Italie est souvent vue comme la petite cousine de la France. Pourtant, des différences culturelles indéniables existent. Au niveau des affaires, l’entrepreneur français qui pense pouvoir s’établir sans en tenir compte court à l’échec. Pierre Destefanis, président de la section italienne des Conseillers du Commerce extérieur dresse les principaux points d’achoppement LPJ : Quels sont les aspects les plus difficiles à cerner pour une entreprise française qui souhaite s’installer en Italie ? Quels sont les freins pour ceux qui pourraient vouloir venir ? Pierre Destefanis : La réglementation. En tant que Français, nous avons trop tendance à considérer que l’Italie est notre petite cousine. Les entrepreneurs pensent que les lois seront similaires en Italie et en France. Il ne faut pas non plus négliger les lourdeurs administratives. Enfin, l’entrepreneur doit penser en terme commercial au niveau régionale. Pour une implantation réussie, il faut embaucher au niveau local avant de penser au recrutement français. Il faut savoir s’entourer de personnes compétentes qui vont pouvoir assister l’entreprise dans ses démarches administratives. L’utilisation de compétences locales (tant internes qu’externes) est la clé du succès en Italie. Quel savoir-faire pouvons-nous apporter aux Italiens ?  On peut faire un mariage d’enfer si on met ensemble nos compétences respectives. L’entreprise italienne est très réactive. Elle ne passe pas systématiquement par des conseils d’administration pour prendre des décisions. Elle a également de très fortes compétences dans le commerce, le marketing, le développement de produits nouveaux et la mise en place de réseaux. Les Français, pour leur part, sont bons dans la gestion de l’entreprise et le management. L’entrepreneur italien joue avec son argent. Le Français fait un excellent contrôleur de gestion. Quand elle est bien utilisée, cette complémentarité peut faire une association réussie. Pierre Destefanis, président des Conseillers du Commerce Extérieur (photo CCEF) En promouvant l’intégration des Volontaires internationaux en entreprise (V.I.E.), les Conseillers du Commerce Extérieur contribuent à former des entrepreneurs conscients des différences culturelles à gérer. Quelles sont donc vos actions pour aider les jeunes à se former aux métiers de l’international ? Notre ministre de tutelle a mis l’accent depuis quelques années sur la promotion des Volontaires Internationaux en Entreprises (V.I.E.). Les C.C.E. participent à ce développement. En Italie nous organisons depuis 5 ans un Grand Prix V.I.E. Sur présentation d’un dossier, les meilleurs V.I.E. sont récompensés à l’issue d’une remise de prix. Actuellement, cet événement se déroule au moment du Forum de rencontres des entreprises françaises et italiennes (le 12 juin prochain). Grâce à nos sponsors et à UbiFrance nous disposons d’un budget annuel de l’ordre de 30.000 € qui est entièrement dédié aux prix distribués. Nous mettons à disposition nos réseaux pour faciliter la recherche d’un poste à un futur V.I.E., qu’il soit diplômé d’une grande école ou non. Quand une entreprise française ne dispose pas de structure en Italie nous intervenons en temps que parrain du V.I.E. et parfois nous servons de structure d’accueil (mise à disposition de bureaux et/ou de moyens techniques). En Italie, on dénombre actuellement 150 V.I.E. qui travaillent dans des entreprises françaises. Nous devons augmenter leur présence dans la péninsule en les faisant mieux connaître auprès des entreprises françaises. Propos recueillis par Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) mardi 25 mars 2008
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