| Ecrit par LE CAIRE,
le 06-12-2007 00:00
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L’envolée des cours du pétrole classe les pays entre gagnant et perdants. Pour l’Egypte la situation est ambiguë ; les chiffres diffusés ne correspondent pas forcément à la réalité 
La hausse du pétrole se répercute à la pompe (photo Ibtessam Zayed-LPJ)
Le gouvernement se présente comme bénéficiaire de la hausse des prix du pétrole. "Une hausse de 2 milliards de dollars des exportations pétrolières est prévue fin 2007 par rapport à 2006", a déclaré Sameh Fahmi, ministre du Pétrole dans un communiqué de presse. Le gouvernement ne cesse également d’exagérer l’existence d’un surplus qui peut couvrir la consommation pour les 30 prochaines années. Or, le dernier rapport publié par l’institution financière EFG-Hermes souligne que la production nationale ne couvre pas notre consommation depuis six ans : la production quotidienne de pétrole a diminué lors des 6 dernières années de 2,3% pour atteindre 700.000 barils par jour en 2006. En même temps, la consommation a augmenté de 1,4% pour atteindre 600.000 barils par jour. "L’Egypte s’est alors transformée en importateur de pétrole en 2007", explique le rapport. Gagnant ou perdant ? Difficile de juger de la situation de l’Egypte car les sources officielles et non officielles se contredisent et qu’il n’existe pas de chiffre unique sur le volume de réserves. Pour les experts, l’État joue sur les chiffres. Pour Robert Mabro, expert en pétrole et ancien directeur de l’Institut Oxford pour l’énergie : "La contradiction des chiffres de deux côtés dépend de la façon dont on calcule des réserves. Le gouvernement considère que le pays est exportateur avec un excédent de revenus, car il se base sur les quantités de pétrole qui sortent du pays par rapport à celles qui entrent. Mais si nous calculons la part de pétrole que le gouvernement achète aux multinationales opérant dans le pays en tant qu’importations, alors l’Egypte devient un pays importateur net." Et d’ajouter : "Que l’Egypte soit gagnante ou perdante, elle sera définitivement importatrice net à moyen terme."
Solution alternative La question de l’usage efficace de l’énergie, ainsi que la recherche d’une autre alternative sont donc un centre d’intérêt à l’heure actuelle. "Le seul concurrent au pétrole pour la production de l’électricité est le nucléaire... Par contre, elle ne compense pas le manque qui se produira dans le secteur des transports", souligne Magdi Sobhi, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. En fait, tous les pays de la région ont lancé leur programme nucléaire : "La course vers l’énergie nucléaire dans la région est un choix stratégique et politique et non pas purement économique" ajoute Mabro. Pour d’autres, l’alternative est l’énergie solaire : "L’Egypte veut se convertir au nucléaire, mais ceci ne constitue pas la solution définitive. C’est juste une phase transitoire. La seule alternative pour l’Egypte est l’énergie solaire", indique Ibrahim Essawi, expert pétrolier. Il semble que l’Egypte doit se préparer à trouver une alternative et à rationaliser la consommation. Or une question refait surface : est-ce que les politiques énergétiques vont dans le bon sens avec les prix du pétrole qui ne cessent d’augmenter ? Un progrès indéniable est par exemple la réduction des subventions sur l’énergie destinée aux industries gourmandes. Mais pour les experts, ce ne sont que des miettes. "l’État ne peut continuer sa politique de subventions parce que cela constituera davantage un fardeau sur le budget national. Ceci devrait se faire graduellement, mais en parallèle le gouvernement devrait augmenter les salaires, même dix fois ! Et il est capable de le faire", estime Ibrahim Essawi. Mabro juge injustifiable d’autres politiques : "Comment l’Egypte exporte-t-elle du gaz naturel alors qu’on trouve encore des bonbonnes de butane ? A mon avis, l’exportation du gaz n’est plus rentable avec l’importation de butane à long terme, même en prenant en considération les coûts d’investissements pour les réseaux d’approvisionnement en gaz naturel." Ibtessam ZAYED (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 6 décembre 2007
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