| Ecrit par LE CAIRE,
le 06-12-2007 23:00
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Le 20 mai dernier, le Liban connaissait une nouvelle vague de violence sur son territoire. Nahr el-Bared, deuxième plus grand camp de réfugiés palestiniens au Liban, était ainsi devenu le terrain d’affrontements entre les miliciens du groupe Fatah Al-Islam et les soldats libanais 
Des soldats libanais (Photo DR)
C’est sur la vague de violence qu'a connu le camp de réfugiés de Nahr l-Bared que le chercheur Bernard Rougier, enseignant à la Chaire Moyen-Orient Méditerranée de Sciences-Po Paris et à l’Université d’Auvergne est intervenu lundi 3 décembre au Centre culturel Français de Mounira. Cette crise, de par son intensité et sa spécificité, pose de nombreuses questions : est-ce une nouvelle forme d’activisme ? En quoi le groupe Fatah Al-Islam innove en terme d’organisation, d’action ? Sommes-nous les témoins d’une crise politique au Moyen-Orient ? Bernard Rougier pose au préalable quelques jalons : il existe effectivement une communauté jihadiste au Moyen-Orient, et celle-ci tente de récupérer la question palestinienne à son compte. En calquant son agenda sur un problème initialement national, territorial ou politique, le réseau désire le transformer en fer de lance d’un combat religieux des musulmans contre l’occident, représenté localement par Israël.
Une implantation progressive Dès le milieu de l’année 2006, le réseau commence à se mettre en place dans le camp de Nahr El-Bared. Sous le nom de Fatah Intifada, organisation palestinienne dissidente, le groupe entreprend une campagne de recrutement de militants, et s’installe dans les camps de réfugiés autour de Beyrouth, puis de Nahr El-Bared. La cohabitation avec les Palestiniens ne se fait pas facilement. Fin novembre 2006, l’organisation Fatah Al-Islam est officiellement créée, regroupant des militants d’horizons diverses : un noyau dur de combattants ayant fait leurs preuves en Irak, des Libanais, mais aussi des jeunes de différentes nationalités, enrôlés par Internet, pour combattre l’ennemi américain... Ennemi qui s’élargi rapidement à leurs "alliés", au bon-vouloir des dirigeants du groupe. La "production sociale de la violence" Enfin, la situation économique et sociale désastreuse du camp facilite l’engagement de jeunes Palestiniens. C’est ce que le spécialiste appelle la "production sociale de la violence" : un enfermement social, de multiples influences régionales, dans un lieu où la "reconnaissance de l’autre passe par des images, des caricatures, des slogans, confirmant les uns et les autres dans leur identité". Un terrain idéal pour utiliser les haines et les rancunes de chacun. Peu à peu, le Fatah Al-Islam s’impose donc comme force principale du camp : l’argent, les armes et la violence régulent ainsi les relations sociales. Le conflit devient inévitable avec les autorités libanaises ; les échanges de balles ne prendront fin qu’après plus de trois mois d’intenses combats... Bernard Rougier a estimé pour conclure qu'il était nécessaire que le dossier israélo-palestinien se règle, en englobant une solution pour les réfugiés palestiniens, puisque la situation des camps aboutit à des crises telles que celle de Nahr El-Bared. Noémie BONNIN. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) vendredi 7 décembre 2007
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