|
ENVIRONNEMENT – Les avions devront mettre le silencieux |
|
|
| Ecrit par Vincent Chevalier,
le 04-12-2007 23:00
|
|
Le gouvernement a proposé hier un plan visant à réduire les nuisances sonores aux abords des aéroports. Des mesures qui peuvent améliorer la qualité de vie de 300.000 Franciliens, mais qui pénalisent les compagnies aériennes
Habiter à proximité d’un aéroport n’est pas un luxe. "L’été, la période où nous subissons le plus les avions, on n’entend plus la télé quand ils passent. Et impossible de déjeuner dans le jardin !" raconte dans Le Parisien une riveraine d’Orly. Afin de lutter contre ces nuisances sonores, Nathalie Kosciusko, secrétaire d’Etat à l’Ecologie et Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, ont présenté hier un plan proposant de relever l’altitude à laquelle les avions commenceront leur atterrissage. Cette altitude passerait de 1.200 mètres actuellement à 1.500 mètres. Cette mesure pourrait permettre de réduire de 50% les nuisances sonores lors de l’atterrissage, bien plus bruyant que le décollage. Autre proposition des deux secrétaires d'Etat : l’insonorisation des habitations à proximité des aéroports. Des aides existent déjà, financées grâce à des taxes sur les aéroports. Elles permettent le remboursement des travaux à hauteur de 80%. Kosciusko et Busserau souhaitent doubler les taxes imposées aux aéroports, et espèrent ainsi insonoriser 7.000 logements par an.
1.500 dossiers seraient en souffrance Cette politique d’aide aux travaux a jusqu'à présent échoué à cause de la difficulté des démarches et à la lenteur des traitements des dossiers. Selon le Parisien d’hier, 1.500 dossiers seraient en souffrance dans la zone d’Orly, 300 à l’aéroport de Nantes-Atlantique, faute de financement. L’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires estime qu’au rythme actuel, il faudrait plus de 50 ans pour que tous les logements soient insonorisés. La prochaine réunion de la commission chargée d’étudier les dossiers, prévue pour le 11 décembre, examinera par exemple des demandes déposées entre décembre 2004 et mars 2005 ! Enfin, la dernière proposition du plan risque de faire grincer les dents des compagnies aériennes. Elle prévoit en effet une augmentation des taxes au décollage pour financer l'insonorisation des habitations. Aujourd’hui, il existe deux taxes au décollage, avec un tarif de jour et un autre de nuit. Kosciusko et Bussereau veulent en créer une troisième, de soirée, soit de 18 à 22 heures. Exemple : Un A-340 devra payer 345 euros pour décoller à cet horaire, contre 83 euros aujourd’hui, soit une multiplication par 4 ! Une taxe supplémentaire que les compagnies ne manqueront pas de reporter sur les prix des billets. Vincent CHEVALIER. (www.lepetitjournal.com) mercredi 5 décembre 2007
Pour en savoir plus : 20 minutes.fr - Les avions sortiront leurs train d’atterrissage a environ 1.500 mètres Le Monde - Le gouvernement s'attaque à la réduction des nuisances sonores aéroportuaires
|