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CINÉMA - Pour Denys Arcand , noir c’est noir… |
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jeudi 06 décembre 2007 |
Dans son dernier opus, L’âge des ténèbres, le réalisateur québécois Denys Arcand brosse un tableau désenchanté de la société moderne à travers le portrait d’un homme qui se cherche. Quelques touches de loufoquerie aident à faire digérer la double dose de cynisme. Sortie aujourd'hui en Italie
Avec son nouveau film L’âge des ténèbres, Denys Arcand boucle sa trilogie commencée il y a un peu plus de dix ans avec Le déclin de l’empire américain, suivi des Invasions barbares (2003). Il y met en scène Jean-Marc, un fonctionnaire banal qui, parce qu’il a l’impression d’avoir tout raté dans sa vie, s’évade dans ses fantasmes pour se retrouver dans la peau du type génial qu’il a toujours rêvé d’être. A lui alors l’attention des femmes et des médias ; à lui le sexe et le pouvoir. De quoi faire un homme heureux ? Pas si sûr… Contrastant avec les rêveries loufoques du anti-héros, le reste du film permet de le suivre dans son quotidien gris et morose, mais terriblement réel. On passe alors très rapidement du ton de la farce potache à l’angoisse que suscitent habituellement les films d’anticipation. Les personnages sont stéréotypés (une épouse acariâtre, des filles méprisantes, une chef de service rigide…). Interprété avec beaucoup de conviction par l'acteur de théâtre Marc Labreche, Jean-Marc exerce un travail dont on ne cerne pas l’utilité et dont lui-même ne semble pas comprendre les enjeux. L’atmosphère oppressante où règne un sentiment proche de "fin du monde" parachève le tableau.
Le rire comme thérapie Rêve. Réalité. Rêve. Réalité. L’âge des ténèbres suit constamment ce rythme. C’est assez lancinant, troublant et, bringuebalés d’une ambiance à une autre, on peine à rire quand le film se veut drôle, avec encore en bouche le goût amer d’une scène dramatique. C’est sans doute en ce sens que le film est le plus culotté. Denys Arcand tente de nous faire rire des situations les plus désespérées, à l'image des personnes qui se présentent au bureau de Jean-Marc avec des doléances toutes plus catastrophiques les unes que les autres. Il n’hésite pas d’ailleurs pour cela à tomber dans l’excès, comme avec la longue séquence - limite surréaliste - prenant place dans un village médiéval, dans lequel les visiteurs vivent comme à l’époque des châteaux fort le temps d’un week-end. On se perd en réflexion entre deux sourires… Peut être pour mieux trouver la lumière vers laquelle Arcand semble vouloir nous guider. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 7 décembre 2007 (Article intialement publié dans l'édition internationale le 02/10/07)
L’âge des ténèbres, de Denys Arcand, avec Marc Labreche, Diane Kruger, Sylvie Léonard, Emma de Caunes, 1h48. Sorti en France le 26 septembre 2007, sorti en Italie vendredi 7 décembre 2007 Fiche du film sur allocine.com
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