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Frank Stella, tel le capitaine Achab du roman d’Herman Melville, n’a eu qu’une obsession : saisir Moby Dick, la baleine blanche. 11 années durant l’artiste est parti sur ses traces, une palette au poing en guise de harpon. Une palette faite d’imagination, de couleurs et de formes qui s’expose pour la première fois dans le Cône sud
Frank Stella donne un dernier coup de pinceau dans son atelier new-yorkais. (Photo : Courtoisie du Malba)
Frank Stella, artiste contemporain nord-américain, est né à Malden (Massachusetts). Son œuvre ne se limite pas à la peinture, mais comprennent objets, sculptures et projets architecturaux. Un choix de 25 gravures de sa série "Moby Dick" sont exposées au Malba jusqu’à fin octobre.
La collection complète, qui comporte 266 pièces, retrace les 135 chapitres du roman d’Herman Melville. Une chasse à la bête mythique que l’artiste a mis 11 ans à engendrer à travers une multiplicité de techniques : œuvres de métal en relief, sculptures, peintures, gravures et fresques. L’éventail présenté -qui s’exhibe pour la première fois dans le Cône sud- est composé des différentes techniques de gravure : lithographie, en eau-forte, en xylographie, en demi-teinte, en pointillés, reliefs en papier, couleurs ajoutées postérieurement, collages… Mais toutes utilisent le même support : du papier blanc TGL aux mesures identiques : 186cm x 134cm.
Force et mouvement
Au début du circuit, on trouve des gravures noir et blanc. Pour finir, les couleurs explosent dans des oeuvres tridimensionnelles à la panse enflée, telle une voile gonflée. La baleine est omniprésente : des fanons, une queue, une nageoire. Le baleinier et ses apprêts sont eux aussi omniprésents : une corde, un mât, un harpon. Et, immanquablement, une tache rouge dépeint le sang issu d’une lutte à mort. Tout cela se mêle et se mixe dans une envolée de mouvements entremêlés de vagues, d’écume, de tempête.
Il se dégage des ces gravures une force et une complexité qui dépassent l’histoire du roman en elle-même, pour aboutir au mouvement et à l’action. L’œuvre de Frank Stella part de formes géométriques élémentaires ; un art conceptuel fait d’abstractions qui se concentrent dans un cercle central pour s’éloigner progressivement sans pourtant s’estomper.
Anne Marie DUPORTAIL. (LPJ) 19 septembre 2005 Frank Stella. Série "Moby Dick". 1991-1997
Jusqu’au 31 octobre 2005
Malba – Colección Costantini, Avda. Figueroa Alcorta 3415
Visites guidées : lundi, mercredi, jeudi et vendredi à 17h. Samedi et dimanche à 18h.
Cette exposition est complétée par un catalogue, des rencontres et un cours intitulé : « La fin du projet de la modernité à partir de deux exemples paradigmatiques : Frank Stella et Andy Warhol ».
Plus d’infos sur le site du Malba |