| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 03-12-2007 23:00
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Nicolas Sarkozy a entamé hier un voyage en Algérie. Outre les contrats industriels en jeu, cette visite d'État a commencé sous une certaine tension diplomatique entre les deux pays La dernière visite de Nicolas Sarkozy en Algérie remonte au 10 juillet dernier (photo AFP)
Les cinq milliards d’euros de contrats et l’accord cadre sur la coopération dans le domaine du nucléaire civil que la France espère signer avec l’Algérie sont quelque peu passés inaperçus. Alors que Nicolas Sarkozy a entamé hier une visite de 3 jours dans l’ancienne colonie française, les propos antisémites du secrétaire d’État algérien aux anciens combattants ont empoisonné un peu plus les relations diplomatiques déjà très tendues entre les deux pays. A la demande de l’Élysée, le président algérien Bouteflika a dû se désolidariser des propos de Mohamed Chérif Abbès, qui a déclaré la semaine dernière que Sarkozy devait son élection à un prétendu "lobby juif" et à ses origines juives. Le gouvernement français n’a cependant pas souhaité annuler cette visite, trop importante pour tenter de normaliser les relations entre Alger et Paris. Les moyens qui l’entourent témoignent des espoirs qui y sont placés : 8 ministres, 150 chefs d’entreprises et 100 journalistes accompagnent le président de la République française.
Concordance des temps Pour Sarkozy, l’incident est clos, et il dénoncera demain, dans un discours à l’université de Mentouri à Constantine, "toute forme d’antisémitisme, d’islamophobie ou de racisme". Ce "climat malsain", dénoncé notamment par Pierre Moscovici, secrétaire national du PS, n’est pourtant pas nouveau. L’enjeu de la visite est la signature d’un "traité d’amitié simplifié" entre la France et l’Algérie – une sorte de convention de partenariat exclusif fixé à 10 ans. Ce traité est plus modeste que celui de Chirac proposé en 2003. Cette première version n’a jamais abouti en raison des exigences non obtenues d'Alger, qui demandait des "excuses" pour les "crimes" commis pendant la colonisation. Sarkozy a toujours refusé "la repentance", expliquant qu’"il ne faut pas faire des questions de mémoire un préalable." Bouteflika a aussi appelé à se projeter vers l’avenir. Mais la loi vantant les effets positifs de la colonisation, votée en février 2005, n’a pas arrangé les choses. Alger réclame aussi plus de facilité pour l’obtention des visas, tandis que Paris limite justement leur délivrance. Enfin, l’Algérie reproche à la France de plus soutenir le Maroc, son concurrent dans la région. Le Royaume marocain se dispute le Sahara occidental avec le Front Polisario soutenu par Alger. Les intérêts économiques de cette visite d’État l’ont emporté, pour l’instant, sur tous ces sujets embarrassants… Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 4 décembre 2007 En savoir plus L’Express – Nicolas Sarkozy à Alger sur fond de polémique Libération – Visite à l’arraché de Nicolas Sarkozy à Alger http://www.liberation.fr/actualite/monde/295401.FR.php Le Figaro – La délicate mission algérienne du président français
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