| Ecrit par CASABLANCA,
le 02-12-2007 23:00
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Le couple franco-marocain pourrait être le moteur d'une Union méditerranéenne comme l'est celui de l'axe franco-allemand pour l'Union Européenne, estime Antoine Sfeir, directeur de la revue Les Cahiers de l'Orient. Samedi, devant les élèves de l'Ecole Supérieure de Gestion de Casablanca, il a symboliquement invité les jeunes "à voler l'idée de Nicolas Sarkozy", pour passer du mythe à la réalité d'une Union des peuples de la Méditerranée

De gauche à droite : Jacques Knafo (Ecole Supérieure de Gestion), Jean-Jacques Beucler (Institut Français) Antoine Sfeir, et Jawad Kerdoudi (IMRI) (Photo LPJ Casablanca)L'idée d'une Union méditerranéenne lancée par le président français Nicolas Sarkozy est suivie de très près au Maroc dans ses intentions. Le discours de Tanger prononcé lors de son voyage de chef d'Etat de la fin octobre figure déjà comme fondateur dans le jeune dessein d'une Union méditerranéenne qui reste pour l'heure "l'idée d'un homme, mais sans contenu, avec la France comme locomotive", résume Antoine Sfeir journaliste libanais, président du Groupe d'étude et de réflexion sur le Proche Orient, éminent spécialiste du monde arabe. Alors, un espoir ou un mythe cette Union méditerranéenne ? Le thème de la conférence d'Antoine Sfeir, donnée samedi après-midi devant de nombreux jeunes de l'Ecole Supérieure de Gestion de Casablanca, était dans une dynamique plutôt d'adhésion. Mais "je ne suis pas sûr que l'idée ne fut pas pensée avant, Pompidou avait un Plan pour la Méditerranée en 1973..." a précisé Antoine Sfeir. Il est revenu sur l'Euromed, partenariat lancé par l’Union européenne avec les pays sud-méditerranéens lors de la Conférence de Barcelone de 1995, "le seul espace où les Palestiniens et les Israéliens se parlent". Euromed, c'est 20 milliards d'euros d'aides aux pays concernés, mais aussi "un manque de visibilité" de ses actions et un bilan mitigé de l'émancipation des peuples de la Méditerranée du sud. Antoine Sfeir est partisan d'une Union des peuples de la Méditerranée pour donner un vrai rôle politique à ceux qui, au sein d'Euromed, s'entendent parfois dire : "On vous donne de l'argent, alors taisez-vous".
"C'est un rêve fou, notre rêve fou" Le journaliste a conscience que cette Union des peuples peut paraître utopique quand on mesure les relations tendues entres certains pays du sud de la Méditerranée. "On accuse souvent les Européens de pratiquer le néocolonialisme économique. Mais on oublie que ce projet d'Union méditerranéenne peut aussi être le notre. C'est un rêve fou, notre rêve fou. On doit voler l'idée de Sarkozy. On doit affirmer que nous voulons une expansion économique qui prennent en compte le développement social. Est-ce une idée utopique, comme furent celles de Louis XI avec le duché de Bourgogne ou l'Appel du 18-Juin du Général de Gaulle ? Il faut savoir payer le prix de ses convictions. Si on ne descend pas dans la piscine, on n'est pas capable de savoir si on peut nager...". L'Union européenne a réservé un accueil distant à l'idée d'une Union méditerranéenne, même si le président Sarkozy a toujours affirmé qu'elle ne se subsisterait pas à Euromed. L'idée sarkozienne est donc loin de laisser les pays concernés indifférents. Quant aux pays arabes en général, le scepticisme est de mise, à l'instar de l'Egypte "qui a déjà trouvé sa place au sein d'Euromed". L'idée de Nicolas Sarkozy devra donc passer "à une phase concrète", et économique, pour séduire les indécis. "Mais encore faudrait-il à réapprendre à parler entre voisins" souligne le journaliste libanais. Antoine Sfeir invite les jeunes à dresser "des passerelles culturelles", notamment entre la France et le Maroc. Car les deux pays pourraient, selon lui, avoir le même rôle moteur que celui de l'axe franco-allemand au sein de l'Union européenne, vu le niveau élevé de leur coopération économique et culturelle. "Nous devons mêler nos cultures. La seule arme contre les intégrismes, c'est l'enseignement et l'éducation". Il veut que la jeunesse marocaine prenne part activement à cette idée naissante d'une Union méditerranéenne. Même si quelques jeunes redoutent qu'elle devienne une Union méditerranéenne musulmane... "C'est un risque en effet, c'est à vous de l'empêcher, c'est aussi à vous d'oser. Quand on est jeune, on n'est pas effrayé par des rêves. C'est l'intelligence du coeur qui doit devenir le moteur de cette ambition d'Union méditerranéenne. Libérer les peuples, c'est aussi libérer les idées". Avec une foi capable de soulever les lourdes Montagnes de l'Atlas... Didier BOUVILLE. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) lundi 3 décembre 2007
Un groupe de travail à l'IMRI Les jeunes et moins jeunes intéressés par l'idée d'une Union méditerranéenne peuvent y prendre une part active en y apportant leur contribution au sein d'in nouveau groupe de travail lancé par l'Institut Marocain des Relations Internationales (IMRI). Le président Jawad Kerdoudi qui recevait également Antoine Sfeir samedi matin, indique que ce groupe de travail fera des propositions. Contact : 219, Avenue des FAR - Casablanca. Tél. 022 44 64 47. E-mail : imrisecretariat@menara.ma
Invité par l'Institut Culturel de Casablanca Antoine Sfeir n'a pas lésiné sur les conférences ! Outre celle donnée samedi après-midi devant l'Ecole Supérieure de Gestion de Casablanca, il était également invité samedi matin à l'IMRI mais aussi vendredi soir à l'Institut Français de Casablanca (IFC) que dirige Jean-Jacques Beucler, initiateur de la venue d'Antoine Sfeir au Maroc. La conférence de lFC a rassemblé plus de 400 personnes, avec pour thème, "Foi et cultures(s)".
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