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En tête des pays européens pour la consommation de cocaïne et de cannabis, l’Espagne multiplie les campagnes anti-drogue, notamment à l’adresse des jeunes, particulièrement touchés par ce problème. Sont-elles efficaces, crédibles, quelles ont été les plus marquantes? La parole aux jeunes Pedro, 18 ans, études d’histoire
Elles sont très dures, je trouve, et exagèrent les choses. En fait, c’est surtout lorsqu’elles abordent le cannabis qu’elles ne sont pas très réalistes. Pour ce qui est de la cocaïne, en revanche, je les trouve crédibles et justes. Celle qui m’a le plus marqué est “ Il y a des trains qu’il vaut mieux ne pas prendre” *. C’est possible, oui, qu’elles aient un impact sur les plus jeunes, disons jusqu’à 16 ans, mais après pour les plus grands je ne pense pas, car ils sont déjà bien informés à cet âge là. A mon sens, il faudrait davantage de discussions avec les professeurs au collège et au lycée.”
Juan, 23 ans, études de médecine
Elles sont plutôt éloignées de la réalité. Certes, elles montrent des cas tragiques, qui existent, mais au final l’information dans ces campagnes n’est pas parfaite. La campagne où l’on voit une jeune fille présenter son petit copain à ses parents ; le petit copain est complètement sous l’effet de la drogue mais personne ne le remarque **. Celle-ci m’a touché. Je crois que les campagnes peuvent avoir un impact sur ceux qui ne consomment pas, et les inciter à ne pas le faire, mais pour ceux qui consomment, je pense qu’elles sont stériles. Si je pouvais faire ma propre campagne, j’apporterais plus d’informations concrètes. Par exemple, certaines personnes souffrent de maladies qui, conjuguées à une consommation de drogue, s’avèrent très dangereuses. Par contre, je ne dirais pas “Ne consommez pas”, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui consomment de la drogue et qui se sentent très bien. Macarena, 24 ans, études de psychologie
Je trouve que les campagnes sont dures, violentes, mais c’est la seule façon d’agir. Plus les campagnes seront dures et plus elles pourront atteindre le public. Personnellement j’ai été marquée par la campagne où l’on voit un ver s’enfoncer dans les narines d’un jeune qui vient de se droguer***. C’est dégoutant et ça montre bien ce que tu mets dans ton corps. Je pense que les campagnes anti-drogue peuvent avoir un impact sur une partie de la population mais pas la majorité. Les jeunes sont désespérés ils veulent profiter, vivre le moment présent et ne pensent pas au futur. Si je pouvais, je ferais le même type de campagnes mais au lieu de les diffuser uniquement à a télé ou dans la rue, je les mettrais dans les collèges, lycées où les jeunes sont obligés d’y porter attention. Il faudrait créer une matière spéciale au collège et lycée pour la prévention contre la drogue, mais aussi contre l’alcool, pour la prévention routière… Pablo, 23 ans, études de médecine
Elles sont originales mais tout de même beaucoup trop extrêmes. Je pense qu’il doit y avoir 90% des consommateurs qui ne se sentent pas aussi mal qu’on nous le montre à la télé. Il faudrait être moins caricatural. Je n’ai été marqué par aucune en réalité. Je ne peux pas me refléter dans ces campagnes, et je n’y prête plus trop attention. Si je devais créer une campagne ? Je montrerais des témoignages de personnes qui sont réellement passées par la drogue ou qui y sont encore. Je raconterais leur histoire, leur évolution. Mais il faut arrêter de présenter à chaque fois l’image du drogué asocial. Pour moi il faut légaliser la drogue. Cela briserait le marché noir et il y aurait une baisse de la consommation. Bien sûr, il faudrait un contrôle sérieux pour les vendeurs.
Propos recueillis par Tony MOTA (www.lepetitjournal.com Madrid) lundi 3 décembre 2007
LIENS VIDEOS * Hay trenes que es mejor no cojer : http://www.msc.es/campannas/campanas06/drogas.htm ** Le petit copain drogué : http://www.fad.es/Campanas?id_nodo=3&accion=1&campana=44 *** Le ver de terre : http://www.fad.es/Campanas?id_nodo=3&accion=1&campana=37
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