| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 29-11-2007 23:00
|
|
Dans une ambiance délétère, les Russes s’apprêtent à voter dimanche pour les élections législatives. Avec une opposition muselée, la justice, la police et les médias aux mains du pouvoir, Vladimir Poutine se dirige vers une victoire écrasante "L’État, c’est moi !" se serait écrié le jeune Louis XIV selon la légende. En 2007, Vladimir Poutine pourrait s’exprimer de la sorte en parlant de la Russie. En lobbyiste de choc, le président russe exhorte jusqu’au bout ses concitoyens à voter pour son parti Russie unie, aux élections législatives de dimanche. En tant que tête de liste, il entend bien préparer le terrain d’ici la fin de son deuxième et dernier mandat en mars 2008, afin de rester aux commandes du pays. Et ça marche. Crédité de deux tiers des suffrages par les sondages, Poutine ne dissimule même plus son envie de poursuivre lui-même le programme de développement de la Russie entrepris depuis son accession au pouvoir en 2000. Tout en dénonçant les libéraux et les oligarques, il s’est posé hier en homme providentiel dans une allocution enregistrée et diffusée à la télévision nationale. Il a expliqué qu’une ample victoire de son parti équivaudrait à un plébiscite de sa politique. Cela lui donnerait donc le "droit moral" de peser sur la vie politique russe après la fin de son mandat. Voila qui est clair… Opposition assourdie Les partis ont besoin d’au moins 7% des suffrages pour envoyer des députés à la chambre basse de la Douma. Sur les sept partis en lice, et sans compter Russie unie, seul le Parti communiste, première force d’opposition en Russie, et le Parti démocrate libéral peuvent y prétendre. Mais les politologues n’hésitent pas à dresser le portrait d’un parlement à deux partis tant le Parti démocrate libéral, ultranationaliste et anti-occidental vote généralement dans le sens du Kremlin. Les élections tournent donc au one man show de Poutine. Et, l’opposition peine à faire entendre sa voix. L’ancien champion d’échecs Garry Kasparov, dont le mouvement L’Autre Russie n’a pas pu s’inscrire, vient de purger cinq jours de prison pour avoir participé à un rassemblement non autorisé le week-end dernier. Le peu de médias encore indépendant vis-à-vis de l’État ne se permettent presque plus de parler des sujets qui fâchent - Caucase, Tchétchénie - car ils sont taxés d’extrémistes qui tentent de déstabiliser le pouvoir. Du coup les espaces d’expression pour l’opposition se réduisent à peau de chagrin. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 30 septembre 2007 En savoir plus Europe 1 – Spécial élections : la Russie et l’après-Poutine ? Le Monde – Poutine dénonce des pressions américaines sur les législatives
|