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ROMAN – La vie clinique de Philippe Forest |
| Ecrit par Betty Ruby,
le 28-11-2007 23:00
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Depuis que Philippe Forest a perdu sa fille de 4 ans il y a plus de 10 ans, il écrit pour raconter l’enchaînement des événements – froidement et objectivement. Dans Le nouvel amour, il décortique par le menu la renaissance du sentiment amoureux. Puissant et dérangeant

Philippe Forest travaille ses blessures au corps (Photo Hélie Gallimard) "Mon deuxième roman venait de paraître. Chacun avait sur moi l’avantage de tout savoir de mon histoire. Ou du moins de pouvoir se le figurer". Voilà ce qu’écrit Philippe Forest au moment de sa rencontre avec Lou, son nouvel amour. Le travail de cet écrivain singulier consiste à témoigner au plus près des choses de sa vie. A retranscrire avec le plus de distance possible la manière dont les éléments alimentent son parcours : la maladie et le décès de sa fille de 4 ans ont ainsi donné lieu à une mise en texte précise pour raconter ce que tait d’ordinaire la littérature – notamment dans L’enfant éternel et Tous les enfants sauf un. En mettant de côté les émotions, Philippe Forest décrit lucidement l’agencement des évènements. Il en va de même dans Le nouvel amour dont le sujet d’écriture est une possible renaissance grâce à l’amour.
A la limite du documentaire animalier De la même manière qu’il allait très loin dans sa manière d’écrire la maladie, il va au plus près ici des rapports sexuels. Sans un sou d’érotisme, et encore moins de pornographie, il dit les choses concrètement. Un peu comme s’il radiographiait le rapport amoureux en décortiquant les gestes d’usage et le vocabulaire anatomique lié. Si cette mise à nu du comportement conjugal a quelque chose de cru, de sec et de dérangeant c’est parce que Forest la traite comme s’il commentait un documentaire animalier. Il n’est en effet pas là pour retranscrire les émotions, mais pour révéler le déroulement des situations qui les entraînent. Ce parti pris de refuser l’émotion pour se concentrer uniquement sur des faits tangibles confère à son écriture une dimension quasi-clinique. Troublante certes, mais humainement enrichissante. Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) jeudi 29 novembre 2007
Le nouvel amour, Philippe Forest, Gallimard, 174p, 16 €
Quand la science effraie : Next & Ton silence est un baiser Le nouveau Michael Crichton à qui on doit Jurassic Park et autres Turbulences et les scénarios de la série Urgence, livre dans Next (Robert Laffont) un condensé des actuelles terreurs scientifiques. Du genre à qui appartiennent les cellules humaines lorsqu’elles sont vendues à un labo ? Ou quel résultat donne un mixte entre un singe et un homme ? Avec un sujet si quotidien que la génétique face au commerce, voici un bon gros thriller dont le profane ne mesure évidemment pas toutes les implications, mais qui suffit à bien ficher la trouille. En parallèle, Ton silence est un baiser (Julliard) de Denis Labayle réunit des scientifiques chargés de lutter contre un virus mortellement mondial et des amants qui viennent de mener 15 ans de double vie. Là aussi il est question de brevets médicaux, même si l’histoire d’amour prédomine. (FP – www.lepetitjournal.com 29.11.07)
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