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Page 2 sur 2 "Bio ist nicht öko" L’engouement massif des consommateurs allemands pour le bio pas cher met en rogne les acteurs traditionnels du secteur. "Sans l’espace café, ce serait sans doute difficile de survivre", explique Oliver, 36 ans, qui tient un magasin et une cafétéria bio, non-fumeuse et végétarienne, dans les locaux d’un cours de yoga. "Dans quelle mesure peut-on parler de qualité quand il s’agit de baisser les prix?", souligne le jeune homme. Pourtant, le marché est là. A Berlin, les nouveaux bastions du bio sont les quartiers jeunes de Prenzlauer Berg et Mitte, tout comme Charlottenburg et Friedrichshain. Kreuzberg reste, quant à lui, le cœur historique du bio berlinois depuis les années 70. La plupart des fermes bio autour de Berlin n’ont fait leur apparition qu’après la réunification. "Plus le marché s’agrandit, plus il y a de passagers clandestins", s’alarme Claudia, 40 ans, vendeuse sur un marché pour le compte d’une ferme fondée en 1928 et certifiée Demeter, l’un des deux "gendarmes du bio" les plus stricts. Les habitués ne viennent pas pour des raisons de "lifestyle", mais par conviction. "Beaucoup n’ont pas tellement d’argent", ajoute-t-elle. Elle-même mange bio, "pas pour vivre 10 ans de plus", mais "pour quelque chose qui a du sens en terme de rapport économique avec la terre" et fuit les rayonnages "avec 25 sortes de yaourts" des supermarchés, fussent-ils labellisés bio. "Pour moi, on pourrait enlever 80 % des produits", explique-t-elle, inquiète du suremballage et des distances nécessaires à l’approvisionnement des enseignes qui propose des produits exotiques toute l’année. "Bio ist nicht Öko" : le bio n’est pas l’écolo, finit-elle par trancher. Margot REIS. (www.lepetitjournal.com)/berlin.html lundi 10 décembre 2007
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