| Ecrit par Margot REIS,
le 09-12-2007 23:00
|
|
Page 1 sur 2 De Hambourg à Munich, les produits bio ont leurs supermarchés à prix réduits. Un cocktail détonant qui surfe sur deux vagues à la fois : l’intérêt croissant des consommateurs pour des produits respectueux de la santé et leur réticence à mettre la main au porte-monnaie. Meilleur bio moins cher... La devanture d'un magasin bio dicount (Photo M.R.)
Un soir de semaine, devant un supermarché Erdkorn. Caddies, tapis roulants, pizzas surgelées : rien ne semble distinguer la marque au grain de ses concurrents. Mais parmi les petites annonces à l’entrée du magasin, on découvre des offres d’initiation au yoga, aux massages shiatsu ou au jeûne collectif. Erdkorn n’est en effet pas un supermarché comme les autres : tous les produits sont certifiés bio et proposés à des prix réduits, bien que supérieurs aux équivalents conventionnels, ou "traditionnels". "On change ses habitudes alimentaires. Quand on voit à quel point on peut acheter de la viande pas chère, je préfère manger moins et mieux!", explique Rita, salariée dans une ambassade et cliente régulière d’Erdkorn depuis deux ans.
Acheter du meilleur bio moins cher Près de la moitié des Allemands achètent bio au moins une fois par mois. Le secteur a enregistré une hausse de 125% de son chiffre d’affaire entre 2000 et 2006, selon des chiffres rapportés par l’hebdomadaire Spiegel. En 1998, la chaîne basic ouvrait sa première filiale de discount bio près de Munich. Le berlinois BioLand a commencé sa conquête de la capitale en 1999. A Hambourg, c’est Thomas Hinz, ex-manager régional d’Aldi, qui fonde Erdkorn en 2001. Treize magasins, aménagés selon les principes du Feng Shui, propagent aujourd’hui le slogan "acheter du meilleur bio, moins cher" à travers le territoire allemand. "Si nous avions tous l’argent, nous ne mangerions que du bio", explique Edith, traductrice, venue exceptionnellement s’approvisionner chez Erdkorn. "Pour moi, les gens plus méritants sont ceux qui gèrent des fermes bio depuis le début, sans exploitation ni dictat capitaliste", explique-t-elle, en s’inquiétant des conditions de travail des caissières et de la pression exercée par des enseignes telles qu’Erdkorn sur les fournisseurs. Pour près des trois quarts des personnes interrogées par le Spiegel, c’est la santé qui détermine leur choix pour des produits bio, bien avant les raisons politiques et sociales qui ne ressortent que dans 5% des témoignages. (...Lire la suite)
Margot REIS. (www.lepetitjournal.com - Berlin) lundi 10 décembre 2007
|