| Ecrit par Vincent Chevalier,
le 26-11-2007 23:00
|
|
Le gouvernement libanais n’arrive pas à s’entendre sur l’élection d’un nouveau Président. Le poste est vacant depuis la fin du mandat d’Emile Lahoud, vendredi minuit. Une situation qui agite les différentes communautés du pays
Depuis vendredi, le Liban ne compte plus de Président. Et cette situation pourrait durer jusqu’au 30 novembre, date à laquelle le Parlement devrait se réunir pour élire un nouveau dirigeant. Le gouvernement assure l’intérim depuis qu’Emile Lahoud, l'ancien chef d'Etat, a achevé son mandat vendredi à minuit. Cette vacance pourrait entraîner des conflits entre les différentes communautés composant le pays. Le patriarche de l’Eglise maronite, Nasrallah Sfeir, a appelé dimanche les leaders politiques à s’entendre sur un nom, afin d’éviter tout conflit. Il a aussi accusé le Premier ministre Fouad Siniora de se positionner en tant qu'"ordonnateur et maitre du pays". De même, Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre (parti chrétien), n’hésite pas à attaquer l’intérim du gouvernement, qui prive, selon lui, les chrétiens du poste de Président, qui leur reviendrait de droit. En effet, selon un pacte national datant de 1943, la présidence reviendrait à un chrétien maronite, la place de premier ministre à un musulman sunnite, et celle du président du Parlement à un musulman chiite. Certains maronites rappellent toutefois à leurs dirigeants que le gouvernement est composé de 10 ministres chrétiens, et que, selon la constitution, c’est le Conseil des ministres qui tient l’intérim, et non le Premier ministre.
Sleimane entretien de bons rapports avec tous les acteurs La situation pourrait aussi pousser le général Sleimane à se porter candidat au poste de Président. Le général est chargé d’assurer la sécurité du pays, depuis que le gouvernement a refusé la demande du Président sortant de jouer ce rôle. Sleimane jouit d’une grande popularité depuis les manifestations anti-syriennes de 2005, où il n’a pas donné l’ordre de réprimer la foule, bien qu’étant considéré comme pro-syrien. La victoire lors du siège de Nahr el-Bared, où s’étaient réfugiés des islamistes proche d’Al Qaeda a aussi contribué à l’admiration du peuple, bien qu’il soit accusé d’avoir laissé s’échapper les chefs des rebelles. Sleimane n’accorde que peu d’interview, et ne fait que très peu de déclarations, ce qui contraste avec les nombreux prétendants au poste de chef de l’Etat. Il est aussi reconnu pour sa neutralité. Après sa non-intervention lors des manifestations anti-syriennes, il a choisi de ne pas agir lorsque des membres du Hezbollah ont bloqué l’accès à l’aéroport en janvier 2007. Sleimane entretient de bons rapports avec tous les acteurs régionaux, notamment avec la Syrie et l’Egypte. Il a réussi à créer une armée libanaise réellement autonome vis-à-vis de Damas. La présence de la Syrie à l'actuel sommet du Proche-Orient Annapolis, aux Etats-Unis, après une longue hésitation, laisse espérer que cette réunion pourra régler le problème de la présidence au Liban, ainsi que de nombreux sujets de conflits - occupation du Golan, alliance Damas-Téhéran, soutien aux organisations terroristes - qui déstabilisent cette zone. Vincent CHEVALIER (www.lepetitjournal.com) mardi 27 novembre 2007
Pour en savoir plus: Le Journal du Dimanche: Liban - "J'ai peur que la situation dérape" Courrier International: La Syrie Impose son jeu Libération: Les ambiguïtés du général Sleimane
|