| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 21-11-2007 23:00
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Jacques Chirac a été mis en examen hier dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. L’ex-président de la République peut s’attendre à présent à comparaître en correctionnelle Chirac à sa sortie, en juillet dernier, de la précédente audition dans un autre dossier d'emplois fictifs instruit par le juge Alain Philibeaux (photo AFP)
Jacques Chirac a été auditionné à nouveau hier dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Mais, cette fois, l’ex-président de la République n’est pas reparti très serein, évitant soigneusement les journalistes à sa sortie. Hier, il a été mis en examen pour détournement de fonds publics. L’enquête judiciaire menée par la juge Xavière Simeoni depuis 1998 vise la période pendant laquelle Chirac était maire de Paris, de 1977 à 1995. Il est mis en cause pour avoir fait recruter des chargés de mission payés sur fonds publics. Pourtant, certains d’entre eux n’auraient effectué aucun travail ou se seraient mis à son service personnel. Chirac, qui siège à présent au Conseil constitutionnel en sa qualité d’ancien chef de l’État, a réfuté toutes ces accusations. Dix ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende Dans une tribune publiée dans Le Monde parallèlement à son audition, Chirac a précisé que le recrutement des chargés de mission a été nécessaire pour "dynamiser, restructurer, bâtir de nouveaux services publics pour les Parisiennes et les Parisiens". Il a aussi insisté sur la clarté du projet quand il a été lancé à son arrivée à la mairie : "le conseil municipal a délibéré et autorisé leur recrutement, autorisation renouvelée ensuite, tous les ans, lors du débat public sur le budget." Cependant, ces justifications n’expliquent pas le contrat établi par la ville, et signé par ses soins, en faveur d’Alain Costecalde. Ce chauffeur du sénateur RPR Lucien Lanier a été faussement affecté au cabinet du maire en qualité de chargé de mission, le 10 janvier 1990. De plus, certaines des personnes poursuivies pour avoir bénéficié des postes ont reconnu n’avoir jamais travaillé, comme le frère de Jean-Louis Debré. La suite logique de cette mise en examen est un procès en correctionnelle. En effet, Chirac ne bénéficie plus de l’immunité présidentielle. Sa place au sein des "sages" du Conseil constitutionnel n’est pas menacée car aucune disposition légale ne l’empêcherait d’y siéger. Qu’est-ce que Jacques Chirac risque aujourd'hui ? Dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende selon la loi… Mais est-ce plausible ? Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 22 novembre 2007
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