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VIN - "Les Français sont très enthousiastes" |
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jeudi 22 novembre 2007 |
A l’occasion de Vinandino*, le seul concours international de vins de l’hémisphère Sud, Jean-Edouard de Rocheboët nous donne son sentiment quant au développement d’une filière française à Mendoza. En tant que président de la CCI franco-argentine et en tant que directeur de Cave Extreme et co-associé de la bodega Atamisque, lancée l’an dernier
Jean-Edouard de Rocheboët (photo LPJ)
Le Petit Journal : Comment expliquez-vous le succès du secteur viticole en Argentine qui va enregistrer, cette année, un nouveau record de ventes à l’exportation? Jean-Edouard de Rocheboët : L’Argentine est considérée, dans le monde, comme un pays toujours en développement dans ce domaine. Dans les pays industrialisés, il est devenu très cher d’investir dans le vin. Mais cette situation est aussi vraie dans des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Chili qui sont déjà saturés. Le dernier endroit où l’on peut avoir une croissance sans se marcher sur les pieds est l’Argentine. Ici on peut faire de la qualité sur des domaines encore importants (200 hectares).
Quelle est la place de la communauté française à Mendoza ? La place de la France y est importante. Depuis longtemps déjà on trouve les grandes caves comme Chandon ou Etchart (groupe Pernod Ricard), qui est, aujourd’hui, le groupe de cave le plus important d’Argentine. Des industries ou des importateurs de produits connexes s’y sont aussi installés comme Saint Gobain (Rayen Cura) dans la production de bouteilles. Mais depuis dix ans, de grands exploitants de châteaux de Bordeaux investissent à leur tour. Parmi eux, les frères Lurton, Catherine Péré-Vergé (Château Montviel), Dassault, Rotschild… On trouve peut-être aujourd’hui une vingtaine d’exploitants français. C’est pas mal et ce chiffre va très certainement encore augmenter. Les Français sont très enthousiastes.
Pourquoi ? Les conditions climatiques sont très bonnes. L’amplitude thermique de Mendoza (chaud la journée et froid la nuit) donne du goût et des saveurs incroyables au vin. De plus, on peut faire ici ce que l’on veut. Les Français sortent du carcan des AOC (appellation d’origine contrôlée) pour planter des cépages où ils le veulent et quand ils le veulent. L’expérimentation est possible comme planter du pinot noir à 500 ou à 1.500 mètres d’altitude. Pour s’installer, les investissements sont importants : de 1 à 3 millions de dollars ; puis il faut tenir pendant dix ans avant que ce soit rentable. Mais les Français sont tentés.
Tout comme vous ? Je suis associé minoritaire dans une vigne qui se nomme Atamisque, du nom de l’arbuste qu’on trouvait sur le domaine. Notre premier vin sortira dans deux ans. C’est très enthousiasmant de partir de zéro pour espérer faire l’une des plus belles caves d’Argentine.
Propos recueillis par Caroline BÉHAGUE (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 22 novembre 2007
*Vinandino a lieu à partir de lundi à Mendoza. |