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Page 1 sur 2 Le naufrage de deux embarcations qui transportaient 184 jeunes Egyptiens vers les côtes italiennes ouvre à nouveau le dossier de l’émigration clandestine vers l’Europe. Passager d’une de ces embarcations de la mort, Moustafa Ahmed raconte. 
"Je risquais de perdre ma vie. Mais est ce une vie que je mène en Egypte !?" demande Moustafa. Pour ce jeune homme de vingt-sept ans l’émigration clandestine était la dernière option : "J’étais conscient des dangers, mais ma situation ne m’a pas laissé le choix". Bien que diplômé en gestion, Moustafa commence à travailler dans une des filature de sa ville, Al Mahalla. Deux ans après, la société décide de licencier plusieurs salariés "sans une raison claire", affirme Moustafa. C’est en vain qu’il recherche un autre travail. Il n’aura pas plus de chance avec une petite affaire qu’il souhaite monter et qui sera découragé par les entraves bureaucratiques. Avec l’augmentation des loyers et du coût de la vie, s’en sortir devient de plus en plus difficile. Désespoir A Al Mahalla, Moustafa n’est pas le seul : la fermeture de plusieurs usines de filature a augmenté le nombre des chômeurs. "Le désespoir n’était pas un choix”, affirme Moustafa. L’émigration vers les pays européens représentait donc une solution face aux difficultés économiques et à la dépression psychologique, surtout, que le marché des pays arabes est désormais fermé à la main d’oeuvre égyptienne. Moustafa a décidé de tenter l’aventure : "Je n’avais rien à perdre". Il débourse 25 000 LE. Le coût d’un passage varie en général de 25 à 30 000 LE (3500 à 4000 euros, la moyenne des salaires en Egypte oscille entre 30 et 45 euros). "La somme peut être payée en une fois ou à terme par des billets à ordre, explique-t-il. J’ai tout fait pour avoir la somme demandée". Sa famille a finalement accepté sa décision mais avec beaucoup de crainte. "Mes parents m’ont aidé pour rassembler la somme", explique Moustafa. Le voyage a commencé sur la côte de la ville de Baltim (Nord du gouvernorat de Kafr Al Cheick, sur la Mediterranée). "C’était le lieu de rencontre. Nous étions dix-huit et cinq autres personnes nous ont rejoint par un petit bateau", précise le jeune homme. Tout se passe la nuit. C’est un bateau de pêche qui les transporte vers l’Italie. La première instruction était de ne jamais mentionner sa vraie nationalité : "Je suis un réfugié irakien ou palestinien, c’est ce que je devais dire aux enquêteurs". Les difficultés économiques et le manque de perspectives sont parmi les raisons qui poussent à l'exil (Photo Ibtessam Zayed-LPJ)
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