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Wallontu Mapu est un opéra de chambre expérimental en mapudungún, la langue mapuche des aborigènes du sud de l’Argentine, aux pieds de la cordillère des Andes. Une visualisation sonore qui invite à découvrir une culture ancestrale à travers ses mythes cosmogoniques
Oliverio H. Duhalde : auteur, compositeur et réalisateur de Wallontu Mapu. (Photo : Courtoisie de l’agence Debora Lachter)
Techniquement parlant, Wallontu Mapu est un opéra de chambre expérimental en quatre mouvements pour instruments mixtes : quartet de cordes, soprano et système quadraphonique. Comme tout opéra, différents aspects de la création artistique y sont inclus : musique, littérature et art scénique. Mais ici, les sensations éprouvées par le spectateur sont uniques.
La salle est aménagée sous la coupole de l’observatoire astronomique de Buenos Aires, soit un large espace circulaire ou trône, au centre, l’imposante figure du robot-totem. Celui-ci prend vie et se déplace en position d’adoration au ciel étoilé : le ciel du sud de l’Argentine, si merveilleusement limpide où trônent l’Etoile du Sud et « las Tres Marias », Alnitak, Alnilam et Mintaka.
La distribution scénique spatiale transforme le spectateur en un membre de la communauté réunie autour de son chaman. Un chaman personnifié par la soprano Flora Yunguerman, qui chante, en mapudungún (la langue mapuche) la création de l’univers.
Mythes et rites surgissent d’un mixe de recours ethniques et de techniques électroniques
« Au début, la mapu (la terre) n’était qu’obscurité, obscurité et platitude. Rien ne bouge. Il n’y a ni lacs, ni volcans, ni montagnes. Le temps n’est pas, rien ne s’écoule… ». Oliverio H. Duhalde, le réalisateur de cet opéra si particulier, est un passionné de la conjonction des discours visuel et musical.
Il a plongé dans les mythes ancestraux des mapuches pour les recréer dans une œuvre qui reprend les rites de ses créateurs originels. Un respect étayé par le savoir d’anthropologues, ethnologues et documentalistes du peuple mapuche. La musique, en concordance avec le texte, provient des racines sonores de la région (el Neuquén) et de trois sources : l’ethnique, la classique et l’électronique. La scène disparaît, seul l’immensité du cosmos est réalité dans Wallontu Mapu.
Suzanne THIAIS. (LPJ) 14 septembre 2005 Wallontu Mapu
Planétaire Galileo Galilei de la Ville de Buenos Aires
Entrée libre et gratuite
16 et 17 septembre à 21h30
Contact : wm@fibertel.com.ar |