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INTERVIEW - Rencontre avec Chiuariu, ministre de la Justice
mardi 20 novembre 2007
L'Association de la presse étrangère en Roumanie (FPAR) a rencontré hier matin le ministre de la Justice Tudor Chiuariu. Il a donné son opinion sur le système actuel, et a tenté d'expliquer pourquoi la réforme de la justice était toujours bloquée

Le ministre de la Justice Tudor Chiuariu (photo: F.C.)


Pour le ministre de la Justice Tudor Chiuariu, il y a deux choses à faire pour réformer la justice du pays : "élaborer une stratégie efficace des ressources humaines" au sein de la magistrature, et surtout garantir que l'indépendance de la justice aille de pair avec "plus de responsabilité de la part des magistrats". Sur ce point, le ministre a insisté plusieurs fois au cours de sa rencontre avec la presse étrangère. Selon lui, il existe aujourd'hui une "impunité des magistrats" qui a mené à des "abus". Tudor Chiuariu se réfère notamment aux enquêtes de la Direction nationale anti-corruption (DNA) qui visent plusieurs ministres, dont lui-même. Et s'en prend volontiers au président Traian Basescu qui, en ayant institué une commission chargée de lancer des poursuites contre des membres du gouvernement, "s'en sert comme d'une arme politique" - la Cour constitutionnelle devrait prochainement rendre son verdict quant à son démantèlement, décidé par le gouvernement début octobre.

Des procureurs trop influençables
Quand on lui demande de quoi il est le plus fier, Tudor Chiuariu répond qu'il a réussi à "débloquer le débat concernant l'Agence nationale d'intégrité", dont "la structure de fonctionnement devrait être terminée en mars de l'année prochaine". Cette agence serait investie des pouvoirs suffisants pour enquêter sur les avoirs des hauts dignitaires, chose demandée à maintes reprises par Bruxelles qui rendra son prochain rapport sur les progrès de la lutte anti-corruption en Roumanie en juin 2008. Mais actuellement, pourquoi aucun grand corrompu, poursuivi par justice, n'est-il toujours pas condamné ? Deux raisons principales à cela, selon le ministre : " le manque de stabilité de la législation, et le manque d'impartialité de certains procureurs, peu courageux, qui restent trop influençables."
Malgré tout, Tudor Chiuariu soutient que "les choses vont dans la bonne direction, grâce notamment au changement de génération au sein de la magistrature".
Parallèlement à un effort sur le choix des magistrats pour les procédures pénales, le ministre compte également écourter le temps des procédures civiles en mettant en place des structures mieux adaptées aux affaires mineures, qui soient "plus proches des citoyens". Florian Constant (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 21 novembre 2007
 
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