| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 20-11-2007 23:00
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L'Administration de la RTP, chaîne publique de télévision, a instauré un procès pour faute professionnelle à José Rodrigues dos Santos, présentateur du journal de 20 heures Le présentateur du 20 heures José Rodrigues dos Santos n'a pas goûté à l'initiative de son directeur de la chaîne (photo DR)
Le procès intenté au présentateur José Rodrigues dos Santos par la RTP fait suite à une interview que le journaliste a donnée à la revue Unica le 7 octobre dernier. Dans l'entretien, Rodrigues dos Santos accuse le directeur de la chaîne publique Almerindo Marques d'être intervenu, en 2004, en choisissant la correspondante pour Madrid, Rosa Veloso, alors que celle-ci n'arrivait qu'en quatrième place parmi les concurrents. Selon les règlements de la RTP, le choix et le recrutement des correspondants incombent exclusivement à la direction d'information, dont Rodrigues dos Santos était le directeur lui-même. A l'époque, se sentant trahi par cet épisode, le journaliste n'a pas hésité à présenter sa démission -acceptée-, mais en continuant, malgré cela, la présentation du journal. On sait que dans le procès il n'est pas seulement question de l'interview, mais également d'un manque de loyauté et le non respect des horaires par le journaliste. Au niveau de la loyauté, c'est une interprétation de la direction de la chaîne. Quant aux horaires, un journaliste peut être à l'extérieur de la rédaction mais en train de travailler avec une source d'information selon le syndicat de la corporation. José Rodrigues dos Santos a maintenant 10 jours pour s'expliquer. La solidarité n'est pas un vain mot Comme c'était à prévoir, les réactions ne se sont pas fait attendre. Dans un geste de solidarité, tout le conseil de rédaction de la chaîne, qui regroupe une centaine de professionnels, s'est mobilisé pour défendre le journaliste. Suite à une réunion, le conseil a demandé à l'administration "qu'elle retire immédiatement ce procès contre le journaliste". "La rédaction exige que l'administration prenne une position claire et sans équivoque sur cette affaire, en la publiant dans les meilleurs délais". Un cas qui révèlent les influences Le directeur de la chaîne n'est pas encore arrivé à expliquer la nomination, pour le poste, d'une personne qui n'arrivait qu'en quatrième place, mais qui a devancé les trois premiers. Le cas qui est à l'origine de cette affaire pourrait être assez anodin, mais il est l'expression assez symptomatique de ce qui se passe dans la société portugaise en général. Les fameuses cunhas -soit l'utilisation de personnes influentes parmi ses relations pour accéder à un poste important ou à un emploi - sont monnaie courante dans le pays. La différence, c'est que la RTP n'est pas une société privée mais une société de l'État, et donc payée avec l'argent des contribuables... Manuel GASPAR. (www.lepetitjournal.com - Lisbonne) mardi 21 novembre 2007
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