| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 19-11-2007 23:00
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Au bout d’une semaine, la grève commence à faire grincer les dents des patrons des sociétés concernées. Ils sortent les calculettes, font le bilan, et espèrent que les réunions de demain vont débloquer la situation La grève coûte cher ; l'opinion publique n'est pas contente, mais les grévistes saluaient hier la poursuite du mouvement, comme à Marseille (photo AFP)
Les grèves ont commencé depuis sept jours. Les patrons des sociétés concernées ont tenté non seulement de ramener les employés dans le droit chemin en appelant à la reprise du travail pour mieux négocier, mais ont également mis à profit cette semaine houleuse pour faire les comptes. C’était en tout cas la première inquiétude exprimée hier dans l’ensemble des médias français, alors que les assemblées générales de cheminots ont voté la reconduite de la grève pour aujourd’hui. Dans La Tribune, Anne-Marie Idrac, présidente de la SNCF, révélait de façon alarmiste les 100 millions d’euros que le mouvement a fait perdre à la société de chemin de fer depuis le début du conflit. "Soit le montant que je pensais mettre sur la table des négociations", a-t-elle précisé, comme une façon de culpabiliser les grévistes -qui ont déjà affaire à une opinion publique défavorable. Anne-Marie Idrac s’est également inquiétée du chômage technique qui guette les entreprises faisant appel aux services de la SNCF et de la rupture d’approvisionnement en hydrocarbures. Une grève qui dérange tout le monde… ou presque Que des entreprises subissent des pertes n’est pas une découverte, mais qu’on en parle plus que le fond même de la crise, à savoir la réforme des régimes spéciaux de retraite, voila qui est nouveau. Et la RATP de faire aussi le triste bilan : 24 millions d’euros de pertes depuis le début des grèves selon son président Pierre Mongin. "C’est plus de 100 bus neufs qu’on aurait pu acheter avec cet argent", a-t-il déploré. Les Echos se faisait aussi le relais de la grogne dans les entreprises du privé, qui subissent des surcoûts dus à l’usage de transports alternatifs et aux retards de livraison. Les commerces, les grands magasins et les salles de spectacle connaissent une baisse de fréquentation. Le publicitaire Jacques Séguéla a lancé un véritable cri du cœur hier sur France Info, pour que cesse la grève afin que les consommateurs puissent retrouver le chemin des boutiques, avec à l’esprit Noël qui s’affiche déjà dans les vitrines. Les taxis, hôteliers, loueurs de véhicules et de parking eux se frottent les mains. Et les grévistes dans tout ça ? Ils ont accepté les tables rondes, demain, entre les entreprises, les syndicats et les représentants de l’État. Sans oublier que les cheminots aussi peuvent chiffrer leurs pertes : environ un trentième de leur revenu net mensuel par jour de grève, soit 60 euros net en moyenne. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 20 novembre 2007 En savoir plus 20 Minutes – Régimes spéciaux : le coût de la grève Libération – Les dessous d’un conflit qui dure Les fonctionnaires emboîtent le pas des cheminots Alors que la grève est reconduite aujourd'hui dans les transports, c'est au tour des fonctionnaires d'entrer dans la danse. Ils manifestent contre les réductions d'effectifs, notamment dans l'Éducation nationale, et la baisse du pouvoir d'achat. Vont-ils par ailleurs remotiver les cheminots dont le mouvement a tendance à s'essouffler ? Ces derniers n'étaient en tout cas qu'un peu plus d'un sur 4 hier à poursuivre la grève. Cependant, les assemblées générales ont voté massivement pour la reconduite du mouvement, soit 96% d'avis favorables. La SNCF annonce des améliorations du trafic dès aujourd’hui, avec 350 TGV sur 700, 85 Corail sur 300, des fréquences de Transiliens supérieures en Ile-de-France, 50% des TER et un trafic Thalys "proche de la normale". A la RATP, la direction a dénombré 18% de grévistes. A Paris, le RER B ne fonctionnait pas, et le A à peine. Quant au métro, 1 rame sur 5 circulait hier, provoquant une foule compacte d'usagers sur les quais. Les négociations entre les syndicats, les directions et les représentants de l'État doivent débuter demain. Elles ont déjà commencé dans le secteur de l'énergie où la grève était quasi nulle. N.M. (LPJ - 20 novembre 2007)
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