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CINÉMA – L’avenir des salles obscures à l’heure du numérique |
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dimanche 18 novembre 2007 |
La 12e conférence du réseau Europa Cinemas qui
se tenait à Bucarest en fin de semaine dernière a réuni près de 400
professionnels de tout le continent. Ils ont débattu de l’impact des
nouvelles technologies sur le cinéma, notamment de la projection
numérique, très peu développée en Europe du fait de l’absence d’un
système économique clairement défini
Selon un sondage Eurostat, la Roumanie est le pays d'Europe qui compte le moins de spectateurs de cinéma. (photo LPJ-JM)"Le home-cinéma est devenu une réalité. Une TV à écran plat est achetée toutes les 6 secondes dans le monde et les gens désirent des écrans de
plus en plus grands. "C’est avec ce constat que Marie Bloomfield,
analyste pour la société Screen Digest, a ouvert les débats. Si les
particuliers semblent se mettre au tout numérique, les cinémas
européens, eux, ont du mal. Pour Claude-Éric Poiroux, le directeur
général d’Europa Cinemas "c’est vrai que le numérique n’avance pas
très vite dans les cinémas, mais le secteur des salles est très lourd
et tout se fait lentement". Cette évolution technologique est d’autant plus
difficile à mettre en place qu’elle passe par des investissements
importants qui doivent être supportés par un modèle économique viable
entre distributeurs et exploitants. "En Europe, il y a 28 petits
marchés. Dans ce morcellement, il est très difficile d’imposer un
système économique. Je pense qu’il va falloir que chaque pays prennent
des dispositions au niveau national" ajoute Claude-Éric Poiroux.
Le paradoxe roumain
Dans ce contexte, la Roumanie paraissait presque étrangère aux débats.
Sous équipée, les principales villes du pays possèdent tout juste un
cinéma. Selon un sondage Eurostat publié à la fin du mois d’octobre,
proportionnellement à sa population c’est le pays d’Europe qui compte
le plus petit nombre de spectateurs : 0,1% ! Pourtant, la production
cinématographique locale se trouve dans une période particulièrement
riche. "L’apparition de la nouvelle génération a été l’un des
arguments pour l’organisation de la conférence à Bucarest" a rappelé
Claude Miller, réalisateur français et président de Europa Cinemas,
dans son discours d’ouverture. Les réalisateurs Catalin Mitulescu
(Comment j’ai fêté la fin du monde) et Corneliu Porumboiu (12h08 à
l’est de Bucarest) ont d’ailleurs remis les prix Europa Cinema vendredi
soir au cinéma Studio, alors que Cristi Puiu (La mort de Dante
Lazarescu) avait participé aux débats organisés quelques heures
auparavant.
En Roumanie, 9 cinémas dans 5 villes font partie d'Europa Cinemas et
s’engagent à programmer un nombre significatif de films européens non
nationaux. La diffusion des productions roumaines à travers l’Europe se
fait aujourd’hui en grande partie grâce à ce réseau qui réunit 1689
salles dans 55 pays différents.
Jonas MERCIER. (www.lepetitjournal.com –Bucarest) lundi 19 novembre 2007
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