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Les gigantesques réserves de pétrole et de gaz découvertes la semaine dernière au Brésil ont plongé le pays dans une certaine euphorie énergétique. Une euphorie justifiée, selon les spécialistes Lula et le president de Petrobras, José Sérgio Gabrielli à Rio, le mois dernier (Photo Ricardo Stuckert/PR)
Petrobras a attendu jeudi dernier pour confirmer ce qui était déjà un secret de polichinelle dans le microcosme économico-énergétique brésilien : il y a (beaucoup) de pétrole au large de Santos. Le site, baptisé Campo de Tupi, se trouve à 280 kilomètres des côtes, à une profondeur d’environ 5000 mètres. Les forages ont permis de mettre en évidence une poche de pétrole conséquente, dont le volume est estimé à au moins 5 milliards de barils. Une découverte qui permettrait au Brésil de changer de dimension sur le plan énergétique, en augmentant de 50% les réserves du pays. Autre bonne nouvelle, la qualité s’ajoute peut-être à la quantité. Pour atteindre la poche de pétrole, il a fallu traverser une épaisse couche de sel. Ce même sel qui était responsable de la qualité jusque-là médiocre du pétrole brésilien, car trop riche en impuretés. Le fait d’avoir trouvé du pétrole sous le sel permet d’espérer une qualité de brut désormais bien supérieure. Donc bien plus cher. Sans doute un peu euphorique, Dilma Rousseff, la ministre de la Casa Civil, a immédiatement affirmé que le Brésil pourrait ainsi "atteindre le niveau de production de pays comme l’Arabie Saoudite et le Venezuela".
Lula veut intégrer l’Opep Le président Lula s’est d’abord montré réaliste à l’heure de commenter cette nouvelle manne énergétique : "Evidemment, ce pétrole ne va pas être extrait demain. Il va falloir attendre cinq ou six ans pour cela, le temps que la Petrobras développe la technologie nécessaire pour extraire de telles quantités à de telles profondeurs." Avant d’ajouter fièrement qu’à partir de ce moment, "le Brésil sera un grand exportateur de pétrole". Lula en a profité pour confier que cette découverte permettrait au Brésil d’intégrer le cercle très fermé de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Mais la découverte ne concerne pas seulement l’or noir. Petrobras a également confirmé la présence, dans cette même région au large de Santos, de grandes quantités de gaz naturel. "Nous travaillons avec la conviction que, bientôt, le Brésil sera également indépendant sur la question du gaz" a commenté Lula, qui doit prochainement se rendre en Bolivie, pour traiter justement du délicat problème du gaz avec son homologue andin, Evo Morales. Bertrand BLAIS. (www.lepetitjournal.com - São Paulo pour Santiago) vendredi 16 novembre 2007 |