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COMMENTAIRE - Euromed ou Union Méditerranéenne ? |
| Ecrit par CASABLANCA,
le 15-11-2007 23:00
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Euromed ou Union Méditerranéenne : quel choix pour le Maroc ? s'interroge Jawad Kerdoudi, consultant économiste et président de l'Institut Marocain des Relations Internationales. Il estime que le Maroc a tout intérêt à continuer sa collaboration avec l’Union européenne, en attendant la constitution effective de l’Union Méditerranéenne
L’Euromed est le partenariat lancé par l’Union européenne avec les pays sud-méditerranéens lors de la Conférence de Barcelone de 1995. Douze ans après, le bilan est mitigé. La paix n’a pas été instaurée dans la région. Aux conflits régionaux se sont ajoutés les actes de terrorisme et le développement de l’immigration clandestine. La démocratisation des pays sud-méditerranéens a peu progressé, et la pauvreté, le chômage et l’analphabétisme n’ont pas été éradiqués. L’élargissement en 2004 de l’Union européenne aux pays de l’Europe de l’Est a été considéré également comme une preuve de désintérêt vis-à-vis des pays du sud de la Méditerranée. Afin de pallier à ce bilan mitigé, une deuxième conférence a été convoquée à Barcelone en 2005. Boycottée par la plupart des chefs d’État des pays du sud de la Méditerranée, elle a été axée principalement sur la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine. Parallèlement au Processus de Barcelone, a été instaurée à partir de 2004 la Politique européenne de voisinage (PEV), qui regroupe un certain nombre de pays de l’Europe de l’Est et du sud de la Méditerranée. Seuls cinq pays méditerranéens ont adhéré à cette PEV : le Maroc, la Tunisie, l’Autorité palestinienne, la Jordanie et Israël. Le président français Nicolas Sarkozy a critiqué le Processus de Barcelone, et a lancé le projet d’Union Méditerranéenne. Cette Union devrait à la fois être diplomatique et stratégique, mais également culturelle et civilisationnelle. Sarkozy a précisé que cette Union ne devrait pas se substituer au Processus de Barcelone, mais l’accompagner.
"Ne pas lâcher la proie pour l’ombre" Notre pays s’est fortement impliqué avec l’Union européenne depuis 1969 avec l’Accord commercial, suivi d’un Accord de coopération en 1976 et d’un Accord d’association en 1996. Le Roi Hassan II avait même demandé l’adhésion du Maroc à l’Union européenne au début des années 80. En 2000, le Roi Mohamed VI a souhaité que le Maroc puisse bénéficier "d’un statut avancé". Le Maroc est aujourd'hui le premier bénéficiaire des fonds de l’Union européenne attribués aux pays sud-méditerranéens. Il est prévu un Conseil d’Association Maroc-Union européenne à l’automne 2008, qui examinera le statut avancé du Maroc dans l’Union européenne. Quant à l’Union Méditerranéenne, le projet est encore flou. Quels seront les membres de cette Union et leur implication effective, notamment en ce qui concerne la Turquie, la Libye, la Syrie et Israël ? Quel sera l’objectif précis de cette Union ? Qui en assurera le financement ? Il faut attendre le sommet de juin 2008 proposé par le président Sarkozy pour avoir une réponse à ces questions. Lors de la réunion Euromed tenue le 6 novembre dernier à Lisbonne, les ministres des Affaires étrangères ont marqué leur fort attachement au Processus de Barcelone et à la Politique européenne de voisinage. Ils ont souligné que l’Union méditerranéenne ne peut être considérée que comme une coopération renforcée au sein du partenariat euro-méditerranéen. Dans ces conditions, le Maroc a tout intérêt à continuer sa collaboration avec l’Union européenne dans le cadre de la Politique européenne de voisinage, en attendant la constitution effective de l’Union Méditerranéenne. Il ne saurait "lâcher la proie pour l’ombre". Jawad KERDOUDI. Président de l'Institut Marocain des Relations Internationales. (www.lepetitjournal.com - Casablanca) vendredi 16 novembre 2007
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