| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 14-11-2007 23:00
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Pour emporter le combat, gouvernement et grévistes doivent compter sur l'adhésion de l'opinion publique. A ce jeu là, Nicolas Sarkozy a pris de l'avance en dénonçant les régimes spéciaux et en défendant l'usager des services publics. Hier, la mobilisation n'a pas été aussi forte que prévue pour un début, mais les syndicats ont jusqu'au 20 novembre, début de la grève des fonctionnaires, pour durcir le mouvement... ou négocier un accord
État et syndicats jouent la montre. L'opinion publique elle veut remettre les pendules à l'heure (photo AFP)
L’opinion des Français comptera-t-elle dans le combat entre grévistes et gouvernement ? La mobilisation plus faible que prévue hier pour le premier jour de grève peut le laisser penser. Depuis plusieurs jours, les médias ont abreuvé les gens de sondages montrant que l’opinion publique était majoritairement contre les grèves. Selon un sondage de l’Express de ce matin, 69% des Français trouvent que la grève est injustifiée. Alors dans le même temps, les grévistes tentent de regagner le cœur de leurs concitoyens, et donc leur soutien, en expliquant que le mouvement concerne tout le monde. "Les régimes spéciaux sont un verrou. Le gouvernement a besoin politiquement de faire sauter ce verrou afin de faire passer la réforme générale des retraites de 40 à 41 annuités", prévenait hier Fabien Villedieu, délégué Sud Rail. La bataille des mots engagée par le gouvernement a peut-être aussi fait son œuvre. Nicolas Sarkozy a pris soin d’opposer les grévistes aux usagers des transports, ou de confronter les "privilégiés" bénéficiant des régimes spéciaux de retraite à tous ceux qui n’en bénéficient plus ou pas. François Fillon quant à lui, impitoyable, appelait à l’Assemblée nationale hier à mettre fin à la grève en affirmant que le conflit n’aboutira pas. Avoir le dernier mot Dans le même temps, le gouvernement a réagi très tôt. Dès hier, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, recevait les syndicats. Cette manière de souffler le chaud et le froid a sans doute affaibli la mobilisation. Ainsi, la CGT a déjà fait un pas en acceptant de négocier sur chacun des régimes spéciaux avec les directions d’entreprises et les représentants de l’État, alors que jusqu’ici le syndicat réclamait une négociation globale. La grève n’est cependant pas remise en cause, et Sud Rail, deuxième syndicat de la SNCF, réclame toujours le retrait pur et simple de la réforme. Pour dégonfler le mouvement et trouver des accords, Sarkozy a jusqu’au 20 novembre, date de la grève des fonctionnaires, qui pourrait déclencher une synergie entre les divers mouvements de protestations - cheminots, étudiants, avocats. L’opinion publique pourrait également basculer si le conflit s’enlise. En 1995, le gouvernement de Juppé s’était retrouvé dans l’impasse non seulement face aux grèves, mais aussi face à l’impopularité. A l’époque, les sondages étaient aussi défavorables aux grévistes… Du moins au début. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 15 octobre 2007 En savoir plus Libération – Le mythe d’un pays gréviste Le Nouvel Obs – Cette épreuve de force que Sarkozy a voulue 24 Heures – Dans une France paralysée, la bataille de l’opinion fait rage État des lieux La grève sera reconduite aujourd’hui à la SNCF comme à la RATP. Mais le mouvement à peine commencé semblait victime d’un faux départ hier. 61,5% des cheminots étaient en grève hier quand 73,5% des employés avaient cessé le travail lors de la dernière journée de grève, le 18 octobre. Même topo dans le secteur de l’énergie : EDF comptait 36,7% de grévistes (contre 52% le 18 octobre) et GDF en recensait 37,4% (contre 53,3%). A la SNCF, la circulation était conforme aux prévisions, à savoir 90 trains sur 700. Elle doit s’améliorer dès ce matin avec 150 trains annoncés au départ. Quant aux trains Corail qui ne sont pas du tout sortis hier, 50 sur 300 sont prévus dans la journée. A la RATP, 1 rame sur quatre ou cinq en moyenne fonctionnait sur l’ensemble des lignes de métro (au lieu de 1 sur 10 comme annoncé). Le trafic doit être du même calibre aujourd’hui. Les bus et les tramways circuleront à 30% dans la capitale. N.M. (LPJ – 15 novembre 2007)
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