A l'occasion de la célébration des dix ans du programme ECOS (évaluation coopération scientifique), Bertrand Fritz et Roberto Williams, président des comité France et Argentine, font le point sur la collaboration scientifique entre les deux pays
(Photo Institut Balseiro de Bariloche / DR)
Le Petit Journal: Vous avez célébré, hier, les dix ans du programme Ecos, programme de soutien à la coopération scientifique entre la France et l'Argentine. En quoi ce programme consiste-t-il ? Bertrand Fritz : Ce programme a été lancé par les ministères des Affaires étrangères et celui de la recherche. Plusieurs pays d'Amérique Latine se sont montrés intéressés par notre proposition, dont l'Argentine. Ecos soutient les actions scientifiques, menées en partenariat entre les deux pays, sur un principe d'efforts identiques. Ainsi notre budget annuel est de 400.000 euros, financés à égalité entre les deux parties. Il contribue aux voyages et aux séjours de scientifiques au sein des laboratoires partenaires dans le cadre de leurs travaux. Une seule fois, l'Argentine a failli à sa participation financière : c'était en 2002, après la crise. Cette année là, la France a assuré, seule, le financement d'Ecos.
Le Petit Journal : La collaboration scientifique entre la France et l'Argentine est-elle fructueuse ? Bertrand Fritz : Depuis dix ans, 190 projets ont été soutenus par Ecos. La moitié d'entre eux ont obtenu des publications dans des revues scientifiques. Ils sont issus de cinq domaines de compétences : science de la vie, sciences exactes, sciences de la santé, sciences humaines et sociales et sciences de l'univers. Chaque année, au terme de notre appel d'offres nous ne retenons qu'un tiers ou un quart des projets présentés. La sélection est très forte, gage de la qualité de ces projets. Roberto Williams : L'Argentine a de très bons laboratoires de recherche, notamment dans le domaine de la biologie moléculaire -où nous nous targuons de deux prix Nobel- et dans le domaine de la physique avec le travail de l'institut Balseiro de Bariloche. Dans les autres domaines, notre recherche scientifique est moins développée et il nous est difficile de trouver des projets à la hauteur de la France, notamment dans les sciences humaines et sociales. Ainsi parmi les 15 projets retenus en 2007, on en trouve sept issus des sciences exactes et cinq des sciences de la vie.
Le Petit Journal : Par rapport à ses voisins d'Amérique Latine, comment se place l'Argentine ? Bertrand Fritz : La sélection est plus forte, donc on peut supposer d'une qualité constante. Mais il est très difficile de comparer avec les autres pays qui n'ont pas les mêmes objectifs. Par exemple, la priorité du Brésil, via ce programme, est de former ses doctorants.
Le Petit Journal : Après dix ans d'activité, quel est l'avenir du programme ? Bertrand Fritz : Un audit, réalisé en 2006, a confirmé l'efficacité de cette collaboration. Il s'agit désormais de trouver une formule permettant de jouer les prolongations. Car lorsque des binômes découvrent quelque chose, il serait intéressant d'aller plus loin et de continuer les recherches. Propos recueillis par Caroline BÉHAGUE (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 15 novembre 2007 |