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SANTE - La réforme de l'assurance maladie en question |
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jeudi 15 novembre 2007 |
Le projet de loi sur l'assurance médicale visant à réformer le système d’ici 2010 est en intense débat au Parlement.

En 2010, chaque citoyen égyptien possédera une carte d’assurance médicale. Il pourra choisir l’hôpital où il désire se faire traiter. En échange, il paiera le tiers du coût des médicaments et le tiers du coût des services. Le gouvernement étudie actuellement un nouveau projet de loi sur l'assurance médicale qui vise à réduire les dépenses dans le secteur de la santé. D’après le ministère de la Santé, l’organisme public d'assurance maladie réalise des déficits continus depuis les années 1990. C'est dû principalement à la stagnation des taux de cotisation et à l’augmentation au triple des coûts de traitement. Ce déficit atteint actuellement 500 millions de L.E. Hatem Al-Gabali, ministre de la Santé, défend ce nouveau système. "Le budget de l’Organisme public d’assurance médicale n’est que de 2,5 milliards de L.E. Cette somme ne suffit pas à présenter une qualité satisfaisante de services. Pour augmenter les ressources de l’organisme (dont 68 % proviennent des cotisations des citoyens et le reste de l’État) le nouveau projet consiste à faire passer le taux de cotisations à 5,5 % contre 4 % aujourd’hui. Ce nouveau taux sera supporté par l’employé (1,5 %) et son employeur (4 %). Le nouveau projet consiste aussi à opérer une séparation entre les services proposés par l’assurance. Ainsi le premier bouquet de services sera disponible à tous. Quant aux autres bouquets, celui qui voudra en bénéficier devra payer au moins le tiers des coûts."
Pas de consensus Plus de 35 millions de citoyens, soit 52 % de la population, profitent de l’assurance médicale. Ils sont classés en 4 catégories : les employés (secteurs public et privé), les étudiants, les veufs et les retraités et enfin les nouveau-nés. Ces ayants droit bénéficient gratuitement du service médical, y compris les médicaments, les examens médicaux et les opérations chirurgicales. Les services de santé sont défectueux en Egypte, mais pour beaucoup le nouveau système n'est pas une solution magique. Abdel-Moneim Ebeid, expert en assurance médicale analyse, fait le constat suivant : "Ce projet intervient dans le cadre de la mondialisation du système de santé. Il est basé essentiellement sur la réduction des dépenses gouvernementales. Le rôle de l’organisme se limite ainsi à être un fonds qui achète le service au secteur privé." Il estime que ce type de réforme est fortement recommandé par la Banque mondiale et les Etats-Unis, mais pose problème. En effet, les riches seront seuls capables d’obtenir les bouquets de services privilégiés. Saïd Rateb, président de l’Organisme de l’assurance santé, souligne les incohérences du système actuel. Ainsi, se rendent-ils dans les cliniques privées où on leur prescrit des médicaments, et veulent-ils que les pharmacies dépendantes de l’organisme leur fournissent ces médicaments gratuitement. "Aucun système d’assurance médicale au monde ne peut fonctionner de la sorte", résume-t-il. Nevine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) vendredi 16 novembre 2007 |