En France
samedi 22 novembre 2008
NEWSLETTER
 Abonnez-vous gratuitement
1.
2.
Plus d'infoInfo Newsletters
POLITIQUE - La chasse aux collaborateurs de la Securitate continue
mercredi 14 novembre 2007
Depuis début septembre, et suite au décès du patriarche orthodoxe Teoctist fin juillet, le Conseil national des archives de la Securitate (CNSAS) n’a pas chômé, dénonçant presque chaque semaine un politique ou un haut prélat qui a collaboré avec la police politique de Ceausescu



Des candidats aux prochaines élections europarlementaires sont soupçonnés par le CNSAS d'avoir collaboré avec la Securitate (Photo realitatea.net)


Mardi, sept magistrats ont été dénoncés par le CNSAS pour avoir collaboré avec la Securitate. Jeudi dernier, c’était au tour d’un ancien conseiller de la mairie de Bucarest, Doru Giugula d’être accusé d’avoir travaillé pour la Securitate quand il était guide touristique. Des candidats aux prochaines élections europarlementaires sont également soupçonnés. Sans parler des hauts prélats de l’Eglise orthodoxe.
Selon le CNSAS, la plupart était des informateurs, notamment ceux qui partaient en voyage d’études. “Il est difficile de croire qu’en passant des années à l’étranger un prêtre ne collaborait pas avec la Securitate (…) Je n’accuse personne mais la question reste en suspens”, déclare Mircea Dinescu, l’un des onze membres du CNSAS. De son côté, l’Eglise réfute de façon catégorique tout lien avec la Securitate et parle d’une “campagne de discrédit” à son encontre.

Accès restreint
“Il y a eu environ un demi million d’informateurs, mais on peut estimer que seuls 5% d’entre eux ont vraiment collaboré (…) Il était difficile d’échapper à l’emprise de la police politique même si la Securitate n’a pas excellé par son professionalisme” soutient Constantin Ticu Dumitrescu, ancien détenu politique, membre du CNSAS et à l’origine de la loi Ticu de 1999 sur le libre accès aux archives.
Un accès pourtant loin d’être facile, encore aujourd'hui. “Il aura fallu attendre 2005 pour que les services de renseignements roumains (SRI et SIE), détenteurs des archives, nous transfèrent une partie des dossiers. Nous disposons à présent d’environ 2 millions de dossiers mais il en reste beaucoup d’autres qui ne nous ont pas été remis” souligne Germina Nagât, directrice du département investigations au CNSAS.
Par ailleurs, pendant les années 1990, le SRI et surtout le SIE (Service d’informations externes), considéré comme le descendant direct de la Securitate, ont eu tout le temps de “nettoyer" les archives. Et de mettre à l’abri les dossiers trop compromettants de hauts dignitaires.

Des dossiers bien gardés
Si besoin est, une commission mixte (services de renseignements – CNSAS)  se réunit afin de déclassifier, ou pas, certains dossiers. C’est en quelque sorte l’intérêt public qui est alors aux prises avec les exigences de la sécurité nationale, explique-t-on au CNSAS. La collaboration entre ces deux institutions semblent toutefois en marche.
En décembre, le bilan des archives transmises par les services de renseignements au CNSAS pour l’année 2007 sera rendu public (communiqué du Conseil du 2 novembre). Par ailleurs, avec l’aide des services, le CNSAS devrait acquérir en 2008 un nouveau logiciel permettant de reconstituer les documents partiellement détruits. “De toute façon, il est fort probable qu’à partir de maintenant seuls les petits collaborateurs seront démasqués. Les plus hauts dignitaires ne seront pas inquiétés car leurs dossiers sont bien gardés par les services secrets” conclut Mircea Dinescu.
L.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 15 novembre 2007
 
RECEMMENT
Content © 2007 lepetitjournal.com