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HUMANITAIRE - L'autre manière de découvrir un pays |
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mercredi 14 novembre 2007 |
Profiter de son séjour en Argentine pour s’investir dans une mission humanitaire est un moyen de se confronter à une autre réalité du pays. L’Argentine compte sur de nombreuses associations ou ONG auprès desquelles s’engager
La villa 21, un bidonville au pied du quartier des affaires de Buenos Aires (Photo www.photo-gratis.com / LPJ)C’est l’image paradoxale de l’Argentine : derrière le quartier d’affaires du Retiro, où se dresse le Sheraton, s’étend l’un des plus grands bidonvilles de la capitale surnommé "la villa 21". Selon des chiffres fournis par l’Institut national des statistiques argentins, la pauvreté toucherait aujourd’hui un quart des Argentins et l’extrême pauvreté presque une personne sur dix. "L’époque de Menem a coïncidé avec le désengagement de l’Etat dans le secteur social, commentent Carolina Villanueva et Pablo Tiscornia, qui travaillent pour Idealiste, plate-forme internet spécialiste du bénévolat, il a laissé place aux ONG pour combler les manques, notamment dans le secteur de la santé et de l’éducation". Le secteur humanitaire ne s’est pas encore professionnalisé : "Il fait appel à de nombreux bénévoles". Pablo Tiscornia en sait quelque chose puisqu’Idealiste regroupe les offres de bénévolat proposées par près de 2.000 associations argentines. Ces offres sont consultables sur le site idealiste.org. Pablo coordonne, depuis Buenos Aires, la version française. "Nous partons du principe qu’une frange de la population serait intéressée par un engagement bénévole mais ne sait pas réellement quoi et comment. Nous voulons capter ce public". Ainsi des offres de soutien scolaire en langues, d’accueil de la population étrangère ou de soutien d’activités notamment dans les villas (bidonvilles) sont proposées sur le site. De nombreuses associations, connues ou moins connues, Voluntarios sin fronteras, la Croix Rouge, Greenpeace ou encore Acción contra el hambre sont présentes. Cette dernière recrutait encore récemment des Français, depuis l’Argentine, pour des missions humanitaires en Afrique.
Des Français impliqués Loin des associations déjà constituées Fiona Watson a créé sa propre fondation "Todos Juntos", reconnue ONG en 2005. Cette Anglaise, qui a longtemps travaillé pour une organisation internationale d’accueil de réfugiés à l’aéroport de Paris, a voulu s’investir dans sa propre organisation. "En Argentine, il est possible d’aller à l’hôpital, d’être vacciné, explique Fiona, mais rien n’est prévu pour les soins dentaires. Lors de ma première visite dans les bidonvilles, j’ai été frappée par ces jeunes qui ont déjà perdu la moitié de leurs dents…" Pour financer la création de cabinets dentaires, Todos Juntos tente de mobiliser toute l’année. Elle organise, en décembre, un tournoi de tennis. Cette action est relayée par plusieurs Françaises (voir notre rubrique pense-bête). Julie Parizot est particulièrement impliquée dans les actions humanitaires. Elle coordonne l’association "Dame tu Mano" qui existe depuis quinze ans. De passage à Buenos Aires pour motifs professionnels, Julie a voulu s’investir : "Nous avons toujours fait de l’humanitaire dans ma famille, c’était une évidence pour moi". Ainsi, l’association Dame tu mano s’occupe d’une crèche et d’un refuge pour des enfants laissés pour compte. L’association profitera du marché de Noël de Buenos Aires Accueil pour récolter des fonds : "Dans ce pays, on trouvera toujours quelqu'un à aider, si on cherche…" Caroline BÉHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 14 novembre 2007 |