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PORTRAIT- Madbouly, une vie au fil des pages |
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jeudi 15 novembre 2007 |
Le petit vendeur ambulant de journaux est devenu propriétaire d'une des plus grandes maisons d'édition en Egypte. Rencontre avec Hag Madbouly, une institution égyptienne
 Depuis cinquante ans, Madbouly passe ses journées dans sa librairie (Photo Marwa Helmy-LPJ)
Malgré ses 70 ans, Hag Madbouly anime sa fameuse librairie, située au centre ville, de ses mouvements incessants. "C'est là que je travaille depuis plus de 50 ans. C’est toute ma vie et mes souvenirs", explique-t-il. "On voit l'Egypte dans ses yeux", estime Rania Aly, une des clientes de la librairie. L'expression est très significative. Elle dépasse les traits de son visage brun, le regard de ses yeux et sa "Galabeya"(2), pour aller plus loin, au plus profond de son esprit égyptien.
Une histoire liée à celle de l'Egypte Hag Madbouly ne raconte aucune étape de sa vie sans l'associer à l'histoire de l'Egypte. "A l'âge de cinq ans, je vendais les journaux avec mon père, on faisait le tour du centre ville. C'était la période de l'occupation anglaise", se souvient-il. Madbouly était assez intelligent pour s'adapter aux nécessités du marché de cette période. "J'ai appris à écrire l’arabe tout seul, je devais apprendre l'anglais pour pouvoir communiquer avec les Anglais, la majorité de mes clients" explique-t-il. Il adapte ainsi son petit kiosque de la place Talaat Harb à sa clientèle et accorde plus d'importance aux livres et aux magazines en anglais et en français. Hag Madbouly était fier d'entendre souvent cette phrase "Madbouly vent la culture dans toutes les langues". Après l'évacuation de l'armée anglaise en 1953, il a eu l'idée de publier les traductions arabes des chefs d'oeuvre des littératures mondiales. "J'en étais l’initiateur", raconte-t-il fièrement. Les années sont passées, la librairie Madbouly est devenue l'une des plus grande de l’Egypte, tout comme la maison d’édition.
"Mes trésors sont de papiers" Pour Madbouly, le métier d'éditeur est une mission nationale. Ce n'est jamais une question commerciale : "Mes trésors se trouvent sur ces rayons". Pour lui, le lecteur a le droit de lire ce qu'il veut sans censure ou restriction. "Mon rôle est de donner à chacun l'occasion de réfléchir et de former son propre point de vue" affirme t-il. Le parcours de Madbouly dans le domaine de l'édition n'a pas été sans heurts. Vingt-et-un procès ont été intentés contre lui pour avoir publié des livres juges trop hardis avec la politique ou la religion. Hag Madbouly avoue que le meilleur moment de sa vie est d'entendre un de ses client dire : "C'est cet homme qui nous a appris la culture et la vie". "À ce moment là, je sens que j'ai réalisé mes rêves et que j'ai satistait Dieu et ma conscience", avoue-t-il. Marwa HELMY. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 15 novembre 2007 |