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A l’occasion du Conseil des ministres franco-allemand, hier à Berlin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont dialogué avec les jeunes de l’école Romain-Rolland sur le thème de l’intégration et tenté de répondre à leurs interrogations. Un exercice pas si facile... Sous le regard des enfants, Merkel et Sarkozy se sont retrouvés devant l'école Romain Rolland (photo. C. B.)
Les jeunes ont patiemment attendu l’arrivée des deux voitures officielles hier matin dans la cour de l’école franco-allemande Romain-Rolland (collège et lycée), à Reinickendorf. Armés d’appareils photo et de téléphones portables, ils ont emporté chez eux des photos de la chancelière Merkel et du Président Sarkozy, venus leur rendre visite et dialoguer avec eux sur le thème de l’intégration. A Reinickendorf, ancien quartier français où les rues et les places s’appellent Molière ou Charles de Gaulle, la moitié de la population est d’origine étrangère. Des Français bien sûr, mais aussi des francophones, des Turcs, des Polonais. De quoi faire de l’intégration un sujet du quotidien.
Merkel et Sarkozy pour une "immigration maîtrisée" Placés au milieu des élèves, les deux chefs d’Etat se sont prêté au jeu des questions. Chacun a rappelé l’importance de connaître la langue et les traditions de l’autre pour mieux s’intégrer dans le pays. "Je crois que la langue est la clé de tout", a déclaré Angela Merkel. "Nos pays sont ouverts, a affirmé Nicolas Sarkozy, mais celui qui demande à venir doit respecter la culture du pays qui l’accueille". Insistant sur le fait que "la pureté ethnique avait quelque chose de dangereux", il a néanmoins martelé qu’il n’était "pas possible d’accueillir tout le monde" et que "le premier adversaire de l’intégration est l’immigration clandestine". Entourés de citoyens avertis, les deux chefs d'Etat font face (Photo. C. B.)
Des élèves en verve Des propos qui ont fait réagir les jeunes : "Dans quelle mesure doit-on intégrer l’autre ?", a demandé un élève. Dans quelle mesure doit-on abandonner sa propre culture au profit de celle du pays d’accueil ?". "Les Allemands ne doivent-ils pas être plus tolérants ?", a questionné une autre élève. "Pourquoi n’y a-t-il pas d’avantage d’hommes politiques issus de l’immigration en Allemagne ?", "Comment apprendre la langue quand on n’a déjà pas les moyens de vivre ? Est-ce que les cours ne devraient pas être gratuits?", a enfin demandé une jeune fille d’origine africaine, dans un allemand fluide, langue qu’elle ne maîtrisait pas à son arrivée à Berlin. De vraies questions, posées avec une sincérité qui a parfois surpris les deux chefs d’Etats. Nicolas Sarkozy, félicitant cette dernière élève pour ses efforts, a estimé qu’il fallait se "donner du mal", propos appuyés par la Chancelière. "Il faut parfois être un peu dur", a conclu Angela Merkel, en concédant que le processus d’intégration était aussi l’affaire du pays d’accueil et que l’Allemagne avait sans doute des efforts à faire pour faire émerger une élite issue de l’immigration. Emportés dans leur élan, les élèves ont finalement dû renoncer à poser certaines questions, faute de temps. Fiers de leur exploit, ils ont été félicités par leurs professeurs d’avoir su tenir tête aux deux chefs d’Etat. De quoi peut-être susciter des vocations. Cécile BOUTELET. (www.lepetitjournal.com - Berlin) mardi 13 novembre 2007 |