| Ecrit par Marie Varnieu,
le 12-11-2007 23:00
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L’ancien "homme le plus recherché de France" comparait depuis hier devant la Cour d’Assises spéciale de Paris pour le meurtre il y a huit ans du Préfet Claude Erignac. Yvan Colonna soutient qu’il est innocent et souhaite un procès équitable  Yvan Colonna lors de son arrestation le 4 juillet 2003 (Photo AFP)
Yvan Colonna est-il condamné d’avance ? Arrêté il y a quatre ans dans une bergerie de la commune d’Olmeto en Haute-Corse, "l’homme le plus recherché de France" avait pris la fuite suite au meurtre du Préfet Claude Erignac. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur avait alors présenté sa proie comme "l’assassin d’Erignac" laissant de côté la présomption d’innocence. Pendant quatre semaines, Yvan Colonna, 47 ans, va tenter de démontrer qu’il n’est pas celui que tout le monde voudrait qu’il soit. Si la veuve du Préfet veut comprendre pourquoi son mari a été assassiné, le berger de Cargèse (Corse du Sud), souhaite expliquer pourquoi il est "l’otage de la raison d’Etat, condamné par le pouvoir exécutif avant même d’avoir été jugé". D'après lui, la France cherche à tout prix un homme responsable du meurtre d’un de ses représentants alors qu'aucune preuve matérielle ne justifie sa présence sur les lieux du drame.
Le principal témoin oculaire ne le reconnaît pas Le 6 février 1998, à Ajaccio, sous le coup de 21 heures, le préfet Claude Erignac était abattu de trois balles dans le cou sous les yeux de son épouse, Dominique Erignac. Quelques semaines plus tard, cinq hommes ont été arrêtés grâce à des informations d’un mystérieux informateur baptisé Corte. Les prisonniers ont balancé le nom d’Yvan Colonna, nationaliste corse, comme le tueur. S’en est suivie une course-poursuite qui durera quatre ans où Colonna était parvienu à échapper à la police grâce au soutien sans faille d’un réseau de sympathisant impressionnant. Cependant, des doutes persistent quant à la culpabilité du fils d’un ancien député PS des Alpes-Maritimes : le principal témoin oculaire, qui a permis de dresser le portrait robot du meurtrier, n’a pas reconnu Yvan Colonna lorsqu’on le lui a présenté derrière une vitre sans teint. De plus, les policiers se sont appuyés sur des conversations téléphoniques pour arrêter les membres du commando. Mais aucun coup de fil n’a été passé par, ou en destination, d’Yvan Colonna le soir du crime. Quant à sa cavale, le prisonnier affirme qu’il a voulu prendre du recul quand il a vu sa photo en Une des journaux où il était présenté comme l’assassin du Préfet. Depuis, son ami Pierre Alessandri, condamné en 2004 à perpétuité, s’accuse d’être le tireur. C’est désormais à la justice parisienne, qui avait acquitté deux membres du commando l’an dernier, de démêler le vrai du faux. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) mardi 13 novembre 2007 En savoir plus : Libération : Colonna donné par les siens Le Monde : Une chanteuse corse s'ajoute à la liste des personnes poursuivies pour avoir aidé M. Colonna Yvan Colonna, le nationaliste devenu berger Né en 1960 à Ajaccio, Yvan Colonna envisageait de devenir professeur de sport, comme ses parents. Mais après son service militaire chez les pompiers de Paris, Colonna s’est installé à Cargèse et figura dès 1983 sur les listes lors des élections municipales en tant que militant des "consulte des comités nationalistes". Il a ensuite rejoint A Cuncolta naziunalista, la vitrine légale et politique du nationalisme. Entre-temps, il est arrêté deux fois : la première pour avoir distribué des tracts nationalistes, la seconde pour avoir caché des armes dans la propriété familiale. En 1993, à la suite d’une tuerie entre militants, il a décidé de s’exiler pour s’occuper de ses chèvres et du club de foot de Cargèse. Jusqu’à sa réapparition dans l’enquête du meurtre du Préfet Erignac. M.V. (LPJ – 13-11-07)
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