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Prévoir, diagnostiquer, construire, réguler et organiser…Voici quelques rôles parmi tant d’autres que les entreprises doivent accomplir aujourd’hui. Quel modèle managérial suit l’Espagne ?
L'Espagne privilégie le modèle "au plus juste"
Il existe quatre types d’organisation des entreprises : les organisations "apprenantes", les organisations "au plus juste", les organisations tayloriennes et les organisations de "structure simple". Une organisation est dite apprenante lorsque sa structure et son fonctionnement favorisent les apprentissages collectifs. Elle repose sur le postulat que la capacité à apprendre d’une organisation constitue sa principale source de compétitivité. C’est la forme d’organisation privilégiée aujourd’hui. Pour réaliser les objectifs européens liés à "l’éducation et la formation tout au long de la vie" et au développement d’une "société de la connaissance", il est indispensable que les entreprises deviennent des lieux d’acquisition de savoirs. En d’autres termes, elles doivent se transformer en "organisations apprenantes".
Disparité des modèles de management Le déploiement de ces formes d'organisation dans les pays de l'Union présente de fortes disparités qui tiennent en partie à la diversité des structures sectorielles et socioprofessionnelles, mais aussi de la spécificité des contextes institutionnels nationaux. En Espagne, l’enjeu des organisations n’a surgi que récemment, se plaquant sur des modèles préexistants venus des Etats-Unis. De nombreux auteurs espagnols ont publié des ouvrages de management, en se référant aux auteurs d’outre-atlantique.
Le modèle espagnol Il en résulte qu’en Espagne, 39 % des salariés travaillent dans des organisations au plus juste contre seulement 20 % dans des organisations apprenantes. Le Royaume-Uni, par exemple, fonctionne lui aussi avec une prédominance du modèle au plus juste. Le Danemark, la Suède et les Pays-Bas privilégient l’organisation apprenante avec pour ces derniers un pourcentage record de 65 %. L’organisation au plus juste se caractérise par un fort développement du travail en équipe, de la rotation des tâches et de la gestion de la qualité. Si, comme dans les organisations apprenantes, les salariés sont souvent confrontés à des situations d’apprentissage et de résolution de problèmes, ils bénéficient en revanche d’une bien moindre autonomie dans leur travail. Il s’agit donc d’une "autonomie contrôlée" que les employeurs mettent en place pour concilier contrôle managérial et mobilisation de l’initiative et de la créativité des salariés. D’un modèle à l’autre, il y a du chemin pour s’inscrire dans la modernité managériale et partir à la conquête des marchés. Maggy Litou-Magnac (www.lepetitjournal.com Madrid) mardi 13 novembre 2007 BIBLIOGRAPHIE - Daniel Belet - Devenir une vraie entreprise apprenante - Les meilleures pratiques, publié en 2002 aux Editions d’Organisation - Michel Ferrary et Yvon Pesqueux – Management de la connaissance Economica, 2006 - GARF / Francis Morier – Les organisations apprenantes : de l'ingénierie de formation à l'ingénierie apprenante" Editions du GARF, 2005 - François Beaujolin – Vers une organisation apprenante Editions Liaisons, 2001 - Götz Schmidt – Méthode et techniques de l’organisation publié en 2000 aux Editions SGO, Zürich |