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ECO - L'épineux dossier agricole |
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lundi 12 novembre 2007 |
Le troisième round des négociations sur le dossier agricole de l'accord d'association entre l'Egypte et l'Union Européenne (UE) est prévu les 4 et 5 décembre prochain. Les Egyptiens vont tenter de tirer le maximum d'un secteur où l'Europe reste très protectionniste.
Y-a-t-il un espoir pour les exportations agricoles ? L’Egypte a demandé il y a un an de renégocier l’accord d’association, entré en vigueur le 1er juin 2004, sur ce volet. En effet, le pays n’arrive pas à tirer profit de cette activité qui représente presque 20% de son PIB et 80% de la main d'oeuvre. Selon les chiffres de l'unité chargée du dossier, les exportations agricoles égyptiennes ne représentent que 2,5% des importations de l'UE dans ce secteur alors que 25% de nos importations proviennent de l'UE. Négocier le dossier agricole avec l'UE n'est plus facile. Surtout avec la PAC qui assure une protection complète aux producteurs européens. Une libéralisation totale semble être un rêve. "L'Uruguay round a duré 8 ans vu le refus de l'Europe de libérer son secteur. On essaye donc d'en tirer le maximum", affirme Saad Nassar, conseiller du ministre de l'Agriculture
Intrigues à Bruxelles Les réclamations des hommes d'affaires sont nombreuses d'autant que les "manoeuvres" pour réduire les importations égyptiennes ne manquent pas. Plusieurs produits sont ainsi exclus des échanges. Mais ce n'est pas tout : des quotas sont imposés sur des produits de base égyptiens, les saisons d'importations ne correspondent pas aux saisons de récolte égyptienne, des droits d'entrée sont ajoutés. La liste est longue. "L'Egypte exporte vers les pays européens du jus du goyave et de mangue. L'UE n'en produit pas. Pourquoi donc limiter nos exportations à 1.000 tonnes ?", se demande Tareq Tawfiq, président du conseil exportateur des produits agricoles et PDG de Farm Frites pour la production des pommes de terres. Par ailleurs l’accès au marché européen exige que les produits agricoles soient conformes aux normes de standardisation et d’hygiène internationales. Vu d'ici, c'est bel et bien une autre arme de protection utilisée par l’UE, pour limiter les exportations agricoles des pays en développement. "A quoi sert d'exclure les pommes de terre de la liste négative si l'UE interdit leur rentrée aux pays par un autre moyen technique", se lamente Samir Al-Naggar, PDG de l'entreprise Daltex.
Consulter les 27 Pour Barbara Stacher, ex-attachée commerciale auprès de la Commission européenne en Egypte, chargée du dossier, "'il est vrai que l’UE doit donner plus d’accès aux produits méditerranéens, produits égyptiens compris, sur son marché. Toutefois, il faut d’abord consulter les 27 avant de prendre une telle décision. Surtout que quelques pays membres produisent des denrées similaires à celles de l’Egypte." Jean Pierre Faugère ne croit pas que l'UE en ait fini avec le protectionnisme agricole, pour lui c'est une erreur : "comme elle a obtenu ce qu'elle veut au niveau des services et de l'industrie, l'UE devrait accorder également des privilèges au côté égyptien." Nevine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) lundi 12 novembre 2007 |