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Après Immortel d’Enki Bilal et Persepolis de Marjane Satrapi, un nouveau film d’animation, Peur(s) du noir, s’ajoute aux films réalisés par des dessinateurs de BD. Attendu au premier semestre 2008, il a été présenté récemment à la Festa del Cinema de Rome. Ce projet ambitieux réunit six dessinateurs de bande dessinée (B.D.) et graphistes autour du thème de la peur. Présentation avec l’un des auteurs, Lorenzo Mattotti LPJ : Y a-t-il eu un mélange entre les univers des différents artistes présents sur ce projet ? Lorenzo Mattotti : Au départ ,chacun a fait son histoire. On s’est croisés, mais je ne voulais pas voir les histoires des autres pour ne pas être influencé. Du coup, certaines choses se répètent. Ce sont les obsessions communes à tous les dessinateurs, des situations archétypiques.
Lorenzo Mattotti (Photo : Prima Linea production)
Qui est à l'origine du projet ? C’est parti des producteurs qui avaient le projet d’un film collectif. Ce sont d’ailleurs eux qui ont insisté pour que les dessinateurs fassent la réalisation de leur film. Est-ce que c’est votre première expérience en matière de film d’animation ? J’ai toujours un peu touché au cinéma. Ce qui change vraiment pour nous, dessinateurs de BD, à part la lenteur d’un projet de film qui s’étale sur deux ans, c’est de se retrouver face au mouvement. Celui-ci dévoile tous les mystères du dessin. Le vice du film d’animation, c’est de croire que tout doit bouger tout le temps. Il n’y a jamais de temps mort. Moi je voulais retenir tout, garder la lenteur et le mystère. C’est dans ce sens que cela change d’avoir des dessinateurs venus du monde de la BD.
une des affiches du films (© 2007 Prima Linea Productions, La Parti Production, Def2Shoot, Denis Friedman Productions)Ce qui frappe dans vos œuvres c’est surtout le travail sur la couleur. Comment vous êtes-vous adapté au noir et blanc ? J’aime beaucoup le noir et blanc. J’en fais depuis longtemps même si ce n’est pas la partie la plus connue de mon œuvre. Cela oblige à plus de rigueur. Il n’y a pas la spectacularité des couleurs et dans Peur(s) du noir cela change des films d’animation. L’Italie et la France ont vraiment deux cultures de la BD très différentes. Comment vous situez-vous ? La tradition du dessin est très différente en Italie, par exemple Tintin est méconnu. Il y a des monopoles artistiques très forts. Ce n’est pas riche comme en France et c’est très dur pour les jeunes de se faire une place. Il y a une grande concurrence en France mais il y a de la qualité. Par ailleurs, j’ai grandi avec la culture du fumetto. Je me suis beaucoup inspiré de Dino Battaglia, Hugo Pratt et toute la tradition de la BD des années 70. Propos recueillis par Eloïse FAGARD. (www.lepetitjournal.com - Rome) lundi 12 novembre 2007 Dessin de Lorenzo Mattotti, Le narrateur-enfant (Arthur H) dans son lit (© 2007 Prima Linea Productions, La Parti Production, Def2Shoot, Denis Friedman Productions)
Pour en savoir plus -Son actualité : Peur(s) du noir, sortie prévue le 15 février 2008 en France. Un livre en couleur sur le carnaval de Rio, Carnaval (éditions Casterman) est sorti le 2 novembre. -Son site personnel : www.mattotti.com -Le site du film : www.primalinea.com/peursdunoir avec un extrait du film et des interviews des auteurs. |